Le taux de chômage selon la nationalité

Posted on 08/03/2012

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Près d’un quart des actifs non-ressortissants de l’Union européenne sont au chômage contre 9,1 % de l’ensemble de la population active et 8,6 % des Français.

Le chômage frappe beaucoup plus les étrangers que les Français : 17,8 % sont sans emploi, contre 8,6 % des Français. Le taux atteint 23,5 % pour les actifs non-ressortissants de l’Union européenne. Une partie de cet écart tient au niveau de diplôme : les étrangers sont moins qualifiés en moyenne que les Français (et les diplômes de certains d’entre eux ne sont pas reconnus) et au fait qu’une partie importante des emplois, notamment dans la fonction publique, leur sont interdits (lire notre article). Mais les étrangers subissent aussi des discriminations.Taux de chômage selon la nationalité et le sexe
Unité : %
Homme Femme Ensemble
Français 8,3 8,9 8,6
Etrangers 17,9 17,5 17,8
– dont Union européenne N.S N.S 9,0
– dont non UE 23,3 23,8 23,5

Ensemble 8,9 9,4 9,1
UE : Union Européenne à 27 pays
Source : Insee – Enquête emploi en continu. Année des données : 2009, France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus

Le chômage touche tout particulièrement les jeunes de moins de 29 ans en France (17,4 %) et davantage les jeunes étrangers pour qui ce taux grimpe à 24,3 %. Les écarts entre les Français et les étrangers se retrouvent dans toutes les tranches d’âge.Taux de chômage selon la nationalité et l’âge
Unité : %
Français Etrangers Ensemble
15 à 29 ans 17,1 24,3 17,4
30 à 49 ans 6,5 18,1 7,2
50 ans et plus 5,7 13,0 6,1

Ensemble 8,6 17,8 9,1
UE : union Européenne à 27 pays
Source : Insee – Enquête emploi en continu. Année des données : 2009, France métroplitaine, population des ménages, personnes de 15 ans et plus

Le secteur d’emploi entre aussi en considération. Une partie des étrangers (c’est le cas de ceux qui sont originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne), ont été plus fortement touchés par la crise des grandes industries françaises (l’automobile et la sidérurgie notamment), alors que d’autres (Italiens, Espagnols et Portugais par exemple) étaient plus souvent employés dans des secteurs qui ont moins perdu d’emplois, et où le réseau familial joue davantage pour trouver du travail, le bâtiment par exemple. C’est ce qui explique pour partie les écarts de taux de chômage selon la nationalité, avec le fait qu’un grand nombre d’emplois sont interdits aux nationalités hors Union européenne.Taux de chômage selon la nationalité détaillée
Données pour les 30-39 ans
Unité : %
Taux de chômage
en %
Ensemble des étrangers 23,7
Union européenne 10,9
Espagnols 15,1
Italiens 13,8
Portugais 10,1
Algériens 37,3
Marocains 35,4
Tunisiens 35,8
Autres nationalités de l’Afrique(*) 36,8
Turcs 31,6
Vietnamiens, Laotiens et Cambodgiens 26,4
Autres 23,3
(*) Anciennes colonies françaises
Source : Insee – Recensement de la population. Année des données : 1999

Chez les jeunes

Entre les jeunes dont les parents sont nés en France et ceux dont au moins un des deux parents est né à l’étranger, les différences de taux de chômage après trois ou cinq années de vie active, pour ceux qui sont entrés sur le marché du travail en 1998, sont considérables. Le taux de chômage des jeunes dont au moins un des parents est né en Turquie atteint même 26 % (en 2003).Taux de chômage des jeunes issus de l’immigration entrés dans la vie active en 1998
Unité : %
Un des parents né en Europe du Sud Un des parents né au Maghreb Un des parents né en Afrique subsaharienne Un des parents né en Asie du Sud-Est Un des parents né en Turquie Les deux parents sont nés en France
Taux de chômage au bout de 3 ans de vie active 11,8 20,1 21* 14,3* 19,6* 10,2
Taux de chômage au bout de 5 ans de vie active 12,6 21,1 19,4* 12,9 26,1* 10,4
* chiffres donnés à titre indicatif. Ils ne sont pas pleinement fiables compte tenu du faible effectif des catégories correspondantes.
Source : Céreq – Enquêtes Génération 1998

A diplôme équivalent, en l’occurrence pour cette étude du Céreq, un CAP ou un BEP, les jeunes d’origine maghrébine ont entre 1,3 et 1,6 fois plus de risques que ceux d’origine française de se retrouver au chômage. Ce risque est d’autant plus fort que le temps passé sur le marché du travail est bref, et a augmenté pour ceux qui sont entrés dans la vie active en 1998 par rapport à 1992.Les jeunes d’origine maghrébine face au risque de chômage
Probabilité pour les titulaires d’un CAP ou d’un BEP d’être au chômage par rapport à un Français de même niveau de diplôme
Entrés dans la vie active en 1992 et 3 ans passés sur le marché du travail Entrés dans la vie active en 1992 et 5 ans passés sur le marché du travail Entrés dans la vie active en 1998 et 3 ans passés sur le marché du travail Entrés dans la vie active en 1998 et 5 ans passés sur le marché du travail
D’origine maghrébine 1,6 1,3 1,6 1,5
D’origine française (référence) 1 1 1 1

Source : Céreq – Enquêtes Génération 92 et Génération 98

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