la dette historique de la civilisation  » De Claude GUEANT » à l’orient en général et à l’Islam et aux musulmans en particulier

Posted on 10/02/2012

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l est tout bonnement incroyable de contempler l’ignorance « occidentale » au sujet de ce qu’il doit à l’Orient en général et à la civilisation islamique en particulier, objets de tout les racismes et de toutes les ignorances.

Tout vient d’Orient, absolument tout y compris l’idée d’un Dieu unique, y compris Jésus son prophète! Car oui, ce prophète des chrétiens dont ils font leur dieu était avant tout un indigent sémite de Galilée, parlant une langue étrangère, vivant de rien, dormant dehors. Jésus, que la paix et la bénédiction d’Allah soit sur lui et sa famille, avait les cheveux crépus, se laissait pousser la barbe et voyageait sur un âne. Il ressemblait plus, si on veut se faire une idée, à Ben Laden dans sa grotte qu’à Benoit XVI tout chamarré d’or et rasé de près par son coiffeur particulier.
L’empereur romain Constantin 1er se converti 300 ans après la prophétie orientale et Clovis 500 ans après (il se convertit d’ailleurs avec 3 000 guerriers, ce qui n’était pas de bon augure pour l’histoire du christianisme européen, qui sera, dans les faits, sanguinaire.) Yahvé, Allah, Dieu oriental civilisateur pour un occident naviguant encore dans la nuit du polythéisme primitif des nomades et des barbares. (Anatole France regrettant qu’en 732 à Poitiers, « L’avancée de la science et de la culture musulmane recula pour trois siècles face à la barbarie franque ! » date, conclut-il, « la plus funeste de l’histoire de France. »)
Ainsi le Dieu, les prophètes, les apôtres, les soutanes aux formes de djellaba, le voile des sœurs, l’encens, les cierges de « Bougie, » les premiers pères dont le berbère Saint Augustin, et les mœurs voués à la paix et l’amour universels, tout vient d’Orient.
Avez-vous vu les princesses anglaise et monégasque se couvrir totalement d’un voile à l’heure du sacrement de mariage ?
Et si l’on veut bien constater que les constructions des cathédrales, sorties opportunément de nulle part, apparurent après les croisades, on a le droit de se demander si même les églises ne sont pas redevables du long savoir faire des bâtisseurs d’Orient…

Mais ce qui est plus extraordinaire encore c’est la totale méconnaissance de l’apport formidable et décisif de la civilisation islamique à la civilisation et la « Renaissance » de l’Occident.
La civilisation islamique est la première civilisation se bâtissant de fond en comble sur l’idée du monothéisme dés l’an 632, car ni les juifs ni les chrétiens n’avaient encore développé de civilisations. Quant aux périodes des monothéismes égyptien ou romain, ils héritaient d’une civilisation que leurs propres pères avaient bâtie pendant des siècles de polythéisme. Et elles s’éteignirent…avant de « Renaitre » pour l’Europe du Sud au 15ème siècle sous l’impulsion et la proximité de sept siècles de civilisation monothéiste islamique scientifique et prolifique.

Avant la civilisation musulmane, chaque civilisation avait sa science, des savoirs souvent « occultes » et réservés à une élite de prêtres, de druides, ou de sorciers. Sciences ou savoirs souvent sclérosés par des dogmes primitifs, cloisonnés par le polythéisme qui attribuait des sciences à des dieux et pas à d’autres. Les dieux se faisaient concurrence, gardaient leurs secrets, se faisaient la guerre. Lorsqu‘une civilisation détruisait l’adversaire, elle tuait le peuple et brûlait tout dans de grandes noces orgueilleuses et barbares.
Partant du désert d’Arabie un berger illettré allait réciter un livre extraordinaire à partir duquel la première « civilisation scientifique » selon les « canons » modernes (« kanoûn » en arabe classique…) allait naître. Une religion, un empire, une civilisation scientifique ! Qui d’autre dans l’histoire de l’humanité a-t-il produit un tel livre ? Et les découvertes scientifiques les plus modernes, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, ne faisant que confirmer inlassablement la formidable acuité scientifique et même la préscience de ce livre toujours civilisateur.

De ce postulat unique dans l’histoire de la genèse des civilisations ; « toutes les sciences viennent d’un seul Dieu créateur,» même les sciences des polythéistes, va naître la première révolution scientifique mondiale et universelle. En un siècle de conquêtes à l’heure ou Charlemagne n’était pas encore né, toutes les connaissances du monde connu furent alors réunies et traduites, mises en perspectives les unes par rapport aux autres dans une « novlangue » ; l’arabe. Et étudiées, discutées, développées dans de grands centres tels que Baghdâd, Delhi, Téhéran, Damas, Le Caire, Jérusalem, Tunis, Marrakech, Cordoue, etc ! Toutes les sciences voyageaient librement de Cordoue à Kaboul, ce qui n’est plus possible aujourd’hui, les mathématiques fondamentales, la recherche de l’atome, la géométrie, le vol humain, la chimie, la médecine, la pharmacie, la chirurgie, l’optique, l’astronomie, l’irrigation, la philosophie, la théosophie, etc.

Dépouillé de leurs oripeaux de l’histoire tâtonneuse et sectaire de l’antiquité polythéiste, les « savoirs occultes» une fois réunis devenaient «Science Universelle » grâce à la foi des savants et des princes d’Orient en un Dieu créateur unique. Et il faut le répéter, l’Islam et sa civilisation viennent du simple Coran écrit par un gardien de moutons du désert. Ce livre est un joyau de l’Humanité et de la Science quelle que soit son origine.
Le rapport obscurantiste de la chrétienté avec la science, Galilée devant renoncer à sa théorie de la rotondité de la terre au 17ème siècle sous peine d’excommunication, était à l’opposé de l’attitude de l’Islam qui considère « l’encre du savant plus précieuse que le sang du martyre » et signifiait que la terre était ronde et même plus précisément ovale, dés l’an 632 !

« Islam » veut dire « la Paix de Dieu » et le « musulman » est un « serviteur de la paix de Dieu sur la terre. » Rien d’autre. Si l’on remarque des déchéances morales chez les « musulmans » contemporains, ce n’est pas un « trop d’islam, » c’est un « manque d’Islam. » L’intégrisme sectaire et sanguinaire, comme la délinquance, ne sont pas un excès d’islam, mais son absence.
Servir Dieu, qui n’a besoin de rien merci pour Lui, c’est servir Sa création, l’humanité et la nature, en recherchant la paix, la justice, l’harmonie. A ce sujet il est bon de rappeler que Jésus et Marie, Allah les bénisse, sont cités dans le Coran un nombre de fois supérieur à ce qu’ils sont cités dans la Bible…car en effet Jésus et sa mère Marie furent d’admirables « serviteurs de la paix de Dieu sur la terre, » c’est-à-dire en arabe, des « musulmans. »

L’actuelle folie matérialiste générant des crises écologiques, climatiques, économiques, militaires, politiques, sociales, sanitaires, alimentaires, morales tient dans la consommation orgiaque et athée des produits d’une science que seule la foi dans un Dieu Créateur, et propriétaire, peut brider. Car en toute chose il faut alors respecter la création d’Allah et accéder a tout bienfait avec mesure et reconnaissance.
La science musulmane acquise à la gloire de Dieu et pour s’en approcher, fera la gloire et la perte de la civilisation « matérialiste » et « athéïforme. » Par manque de conscience de l’Essence de ce monde, la civilisation moderne et mondiale, scientiste, capitaliste, productiviste, consumériste et polluante court à sa destruction, comme un enfant inconscient dans une voiture à pédale va tout droit contre un mur. Bien le bonjour de Tchernobyl ! Bons souvenirs de Fukushima !

Ainsi, après avoir hérité et abusé de la science universelle coranique, la civilisation « moderne » a encore beaucoup de choses à apprendre du Coran oriental…l’Essentiel peut être ? L’humilité surement ! S’il n’est pas trop tard…

Allah bénisse les savants bienfaiteurs de l’humanité et toi, qui que tu sois cher lecteur qui a été jusqu’au bout, Allah te comble en ce jour de mille et un de ses bienfaits.

V. Després Levard, le 11 juillet 2011
Fraternités des Ignorants

Pour avoir une idée de l’ampleur de la révolution scientifique musulmane, lire « Le soleil d’Allah brille sur l’Occident » de Sigmund Hunk, « La Bible, le Coran et la science » de Maurice Bucailles et « Introduction à la Civilisation Musulmane » de Mostayeen Ahmed Khan dont vous pouvez trouver des extraits
ci-joint:
ntroduction à la civilisation musulmane
A l’aube du XXIe siècle, l’Islam reste une religion mal comprise en Occident. L’histoire de la civilisation musulmane et de sa contribution à l’avancée de l’humanité ne sont ni enseignés ni expliquées : les masses sont ainsi non seulement ignorantes de la merveilleuse culture scientifique islamique, mais sont aussi enclines à des idées déraisonnables et toute faites concernant l’Islam, souvent décrit comme un ramassis d’intolérances. Tout cela n’est dû qu’à l’ignorance. Car si, dans toute l’histoire de l’humanité, l’on ne devait citer qu’une seule période où la science prédominait et où le monde vivait éclairé de ses lumières sous des Etats théocratiques, ce serait celle des gouvernements islamiques du VIIe siècle jusqu’au début du XVIIe. En Occident , l’histoire enseignée débute par la civilisation grecque puis romaine, suivies par le Moyen Age, et enfin la renaissance.

Par Mustayeen Ahmed Khan

Peu de manuels et de livres soulignent le fait que durant la période d’ obscurantisme européen, la splendeur scientifique orientale avait atteint ses sommets.

Il n’était pourtant pas nécessaire d’aller très loin… Cordoue, En Espagne, était l’un des plus brillants centres d’érudition du monde musulman,voire du monde entier. Certes, on doit énormément aux révolutions occidentales, comme la Révolution française, sujet qui fait couler beaucoup d’encre, mais l’on ne reconnaît jamais la dette due au merveilleux et exceptionnel phénomène culturel et scientifique musulman! Le savoir accumulé par le monde actuel est évidemment la somme des contributions de toute une myriade de civilisations, chacune ayant son propre lot de scientifique et d’inventeurs. Quant à l’importante contribution des musulmans, elle s’est opérée selon nous, sur trois plans : 1) Ils ont préservé et transmis l’héritage d’autrefois. 2) Ils ont développé et promu les sciences expérimentales jusqu’à un niveau très élevé, jusqu’alors inconnu. 3) Ils ont simplifié et universalisé les connaissances acquises dans très vastes domaines, et particulièrement celui des mathématiques.

NB.:

1) Le mode de vie actuel encourageant peu à la lecture d’ouvrages volumineux, c’est un simple synopsis de l’histoire et de la civilisation islamique qui est présenté ici; synopsis qui pourra être approfondi par tout un chacun. Afin d’éviter toute accusation d’égocentrisme ou de partialité à propos de l’attribution d’autant d’inventions et de découvertes à des scientifiques musulmans, la bibliographie, dont cette chronologie n’est qu’une compilation, est essentiellement composée d’ouvrages d’intellectuels occidentaux.

2) Par souci de simplification, toutes les dates données sont celles du calendrier grégorien. Pour ceux qui sont intéressés par la conversion entre celui-ci et le calendrier musulman (débutant au moment de l’Hégire en l’an 22 Anno Domini, AD), diverses formules existent. Cependant, celles fournies par Pareja et par Ifrah sont très approximatives, donnant la date équivalente à plus ou moins quatre mois ! Nous avions amélioré les formule données par Ifrah pour obtenir les dates à quinze jours près, néanmoins, celles présentées par Rahman sont très précises, à plus ou moins deux jours. On peut même les affiner à un jour près, en utilisant le fait que dans l’année lunaire il y a précisément 354,36705 jours.

Voici les formules de Rahman avec un exemple. Du calendrier hégirien musulman (AH) au calendrier grégorien (AD) AD = 0,970229 X AH + 621,5643 Du calendrier grégorien (AD) au calendrier hégirien (AH) AH = 1,030684 (AD – 621,5643).

Prenons un exemple, sachant que le 25 Shawwâl (10e mois de l’année Hégire) 1399 correspondait au 18 septembre 1979. Calculons maintenant la date Hégire au 18 septembre 1979 en utilisant la formule. Du 1er janvier au 18 septembre, il y a 261 jours ; 261 divisé par 365 = 0,71507 ; ainsi, notre date AD à convertir est 1979 + 0,71507, arrondi à 1979,7151. AH = 1,030684 (1979,7151 – 621,5643) = 1399,8243.

Nous savons donc déjà que nous sommes dans l’année 1399 AH. Pour trouver le jour et le mois, multiplions la fraction 0,8243 restante par le nombre de jours que compte une année lunaire (354,36705), nous obtenons 922,1048, soit le 292e jour de l’année 1399. En comptant alternativement 29 et 30 jour pour les mois (c’est souvent de là que proviennent les erreurs de calcul rencontrées), le 292e jour tombe le 27e jour du dixième mois, c’est-à-dire, le 27 Shawwâl 1399. Ce qui diffère de deux jours seulement par rapport à la date réelle.

3) Pour la transcription des noms et termes arabo-musulmans en français, nous avons retenue le système intermédiaire en usage, excepté pour les noms contemporains dont nous avons conservé l’orthographe courante.

4) Un autre aspect auquel il convient de porter attention : dans la présente œuvre, lorsque nous citons une personne ayant vécu à cheval sur deux siècle, nous l’avons arbitrairement placée dans l’une ou l’autre des deux périodes.
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“Politicians are like diapers; they need to be changed often and for the same reason.”
― Mark Twain

Par exemple, Ar-Râzî (Rhazes), né vers 857 et mort circa 923, a été placé dans le chapitre «IXe siècle : seconde moitié », mais aurait très bien pu être inclus dans «Xe siècle : première moitié».

Enfin, je tiens à remercier Madame Khiat et l’éditeur pour leur aide précieuse et leurs conseils dans la réalisation de cette oeuvre. Toutes les critiques seront les bienvenues car elles nous permettront d’améliorer et d’enrichir les éditions futures.

VIe siècle : seconde moitié 569. Naissance du Prophète Muhammad (QSSSL), que la bénédiction et la paix soient sur lui, à Makka (La Mecque). Plusieurs auteurs ont considéré que l’année de naissance du Prophète (QSSSL) était 571.

L’écart de deux années est certainement dû à la différence entre les calendriers lunaires et solaires. L’année solaire comporte en effet 365,242 jours alors que le calendrier lunaire en possède 354,367, ce qui signifie approximativement que 33 années solaire équivalent à 34 années lunaire.

Par exemple, si le 1er Ramadhan 1418 tombe le 30 décembre 1997, ce ne sera alors qu’après 33 ans, c’est-à-dire en 2030, que le 1er Ramadhan coïncidera de nouveau avec le 30 décembre. Le calendrier mecquois était lunaire, mais était régulièrement corrigé pour garder une compatibilité entre les années lunaires et solaires. C’est seulement trois mois avant sa mort, au moment du Pèlerinage d’Adieu, que le Prophète (QSSSL) adopta définitivement le calendrier lunaire.

C’est un fait acquis à l’unanimité que le Prophète (QSSSL) est né 53 ans avant l’Hégire (l’émigration du Prophète (QSSSL) de la Mecque à Médine).

Selon Ibn Hishâm, le jour précis de sa naissance est le lundi 12 Rabî al-Awwal. La date équivalente dans le calendrier grégorien est le lundi 17 juin 569.

VIIe siècle : première moitié 609. Début de la révélation du Coran. Les tout premiers versets révélés sont les cinq suivants : «Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux. Lis au nom de ton Seigneur qui a créé : Qui a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis ! Car ton seigneur, le Très Noble, est celui qui a enseigné par le calame : Il a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas.» (Coran, 96 : 1-5).

Le Coran (Al-Qur’ân) signifie littéralement la lecture ou la récitation. Les musulmans croient que c’est la parole de Dieu révélée à Son Prophète (QSSSL) par l’intermédiaire de l’archange Gabriel (Jibrîl). La période de révélation s’étend sur une durée de 23 années.

Le Prophète (QSSSL) demandait à ses disciples non seulement d’apprendre par cœur les révélations, mais également de les écrire afin de les garder intactes. Après la mort du Prophète (QSSSL) , le calife Abû Bakr Aç-Ciddîq a codifié ces écrits dans la copie appelée Muçhaf (feuilles réunies). Lors de l’expansion de l’Islam, et tenant compte des différences de prononciation dans d’autres régions, le calife Uthmân Ibn Affân a fait faire cinq exemplaires de ce Muçhaf et les e envoyés comme copies authentiques dans les différents centres du califat. Deux de ces copies sont toujours existantes : une au musée de Topkapi à Istanbul et l’autre à Tachkent.

Le Coran est le guide de l’homme pour la totalité de sa vie, temporelle aussi bien que spirituelle, individuelle, sociale et collective. Il s’adresse à tous les hommes de la terre à travers tous les temps. Il convient de signaler que le Coran ne demande pas de croire pour croire, mais il répète sans cesse : réfléchissez, méditez, raisonnez, pensez, cherchez et cela même en matière de foi. Le thème central du Coran est le monothéisme pur, la foi en un Dieu unique, sans associés ni icônes.

– Le grammairien Khalîl Ibn Ahmad (m. 791), l’un des fondateurs de la poésie arabe. Il compose le premier dictionnaire de langue arabe.

– Abû Bishr Amr Ibn Uthmân Sibayah (m. 796), disciple de Khalîl Ibn Ahmad, universellement considéré comme le plus grand des grammairiens arabes. Son ouvrage Kitâb al-Ayn (Le Livre source), appelé par antonomase Al-Kitâb (Le livre), est la base de tous les traités postérieurs de grammaire et de syntaxe.

– Bashshar Ibn Burd (m. 784) qui est le premier grand poète de la langue arabe, a être d’origine non arabe.

– Le célèbre poète Abû Nuwâs (m. 810).

Divers

Ouverture de la première pharmacie publique à Baghdad en 754. Pour comparaison, la première pharmacie européenne ouvre à Salerne au XIe siècle ; à Paris ce sera en 1180.

La pharmacologie arabe restera utilisée en Europe jusqu’au XIXe siècle.

Pendant son règne, le 3e calife abbasside Al-Mahdî pose les bases d’une administration moderne en créant différentes secrétariats ou départements administratifs (Diwân), tels que : Diwân al-kharâj (département des finances), Dîwân al-Azimma (contrôleur des comptes des départements de l’administration), Dîwân al-Barîd (postes), Dîwân ash-Shurta (maintien de l’ordre).

Construction de la mosquée de Taril Hana, probablement le plus ancien monument islamique de Perse. Elle est située dans la ville de Damghan, au sud de la mer Caspienne, et possède deux minarets séparés de l’édifice principal.

Début de la construction de Jâmi a Masjid, la Gande mosquée, à Cordoue, en 785. En Azerbaïdjan, la ville de Tabrîz (nom ancien Tauris), détruite dans le tremblement de terre de 791, est reconstruite sous le patronage de Zubayda Khatûn, l’épouse du calife Hârûn Ar-Rashîd.

Introduction de l’industrie du papier dans le monde islamique. La première fabrique de papier est établie à Baghdâd vers 795.

Ixe siècle :

Première moitié 800-909. Règne de la dynastie arabe des Aghlabides en Ifrîqiya.

813-833. Règne du calife Abbasside Al-Ma’mûn (m. 833).

820-999. Dynasties indépendantes dans la partie orientale de la Perse : Tahiride (820-873), Saffaride (863-902), Samanide (874-999). 826. Conquête de la Crète (aujourd’hui en Grèce) par l’armée d’Abû Hafs, puissant chef berbère de la tribu Rabadiyyûn, chassé de Cordoue par Hakam I (m. 821). 827-832. Conquête de la Sicile (aujourd’hui en Italie) par les Aghlabides. 846. Invasion de Rome par les Aghlabides.

Les acteurs Théologie et jurisprudence

Le théologien et juriste Imâm Abû Abd Allah Muhammad Ibn Idris Ash-Shâfi’î (m. 820) qui a donné son nom à l’une des quatre écoles de jurisprudence les plus courantes de l’Islam sunnite. Son ouvrage principal est Ar-Risâla (l’Epître) qui traite des fondements du droit (uçûl al-fiqh) ; il est le premier au monde à avoir créé une science abstraite du droit (distincte des codes de lois). Il est également auteur de Kitâb al-Umm (Le livre source) qui est un traité de fiqh (jurisprudence).

– Abû Ubayd (m. 838) célèbre compilateur de hadîths et auteur de Kitâb al-Amwâl (Livre des finances) sur les finances islamiques. Il est également auteur du plus ancien recueil de proverbes arabes.

– Le théologien et philosophe mutazilite, fondateur de l’école de Baghdâd, Bishr Ibn Al-Mu’tamir (m. 825).

– Le théologien et philosophe mutazilite de l’école de Baçra, Abû Al-Hudhayl Muhammad Al-Allah (m. 841 ou 850). Il est l’auteur de Kitâb al-Hujaj (Livre des preuves) dans lequel il détaille les cinq grands principes mutazilites.

– Le théologien et philosophe mutazilite, Ibrâhîm Ibn Sayyar Ibn Nazzam (m. 854). Il fut le disciple le plus brillant d’Abû Al-Hudhayl.

– Ancien brigand repenti, originaire de Merv (Marw), le soufi Bishr Al-Hâfî (m. 842).

– Le soufi mystique Abû Abd Allâh Hârith Ibn Asad Al-Anazî Al-Muhâsibî (m. 857). Il a reçu le surnom de Muhâsibî (comptable) car il avait l’habitude de tenir un compte de ses actes. Son grand ouvrage mystique Ri âya li Huqûq Allah, manuel complet de vie intérieure, exerça une grande influence sur l’Imam Abû Hamîd Al-Ghazâlî, le grand philosophe, mystique du XIe siècle, mort en 1111. Science et technologie
– Abû Ja’far Muhammad Ibn Mûsâ Al-Khwârizmî (m. 850), l’un des plus grands mathématiciens du monde musulman qui fut aussi astronome et géographe. Il est originaire de Khiva, la capitale du Khwârizm (Khwarezm). Son traité, connu dans le monde entier, est intitulé Al-Muqâbala wa al-Jabar (Equation et transpositions) ; de cette œuvre est dérivé le terme européen algèbre (al-jabar). Ses travaux sont à l’origine de la création de la branche mathématique de l’algèbre. Son nom en latin fut traduit en Alcoarism, ce qui donna le mot algorism en anglais, qui fut par la suite mal traduit par confusion avec le mot grecque arithmos pour donner finalement algorithme. Ses autres œuvres célèbres sont Le livre de l’addition et de la soustraction ainsi que Le traité sur les mathématiques indiennes. Ses travaux ont introduit la notation décimale de position dans le monde musulman ainsi que dans l’occident chrétien. Son ouvrage géographique Sourât al-Ard (Forme de la terre) a permis le développement de la géographie dans le monde arabe. Il était attaché à Bayt al-Hikma (La maison de la sagesse).

– Le mathématicien Al-Hajjâj Ibn Yûsuf Ibn Matar de Baghdâd (m. 835), qui a traduit les travaux d’Euclide en arabe.

– Le mathématicien Al-Himsî qui a révélé l’œuvre d’Apollonios de Perga.

– L’astronome mathématicien Al-Abbâs Ibn Sa’îd Al-Jawharî (m. 860), qui effectua l’un des premiers travaux sur la théorie des parallèles. Il était attaché à la maison de la sagesse (Bayt al-Hikma).

– L’astronome persan Yahyâ Ibn Abî Mançur (m. 832), auteur de l’œuvre Az-Zîj al –Muntahan (Tables astronomiques vérifiées).

– L’astronome Sanad Ibn Alî, fondateur de l’observatoire de Baghdâd.

– Astronome Abû Sa’îd Darîr (m. 845/6) de la région Bahr Khizr (près de la mer Caspienne), auteur d’un traité sur les méridiens.

– L’astronome Al-Abbaâs qui introduisit pour la première fois la fonction tangente.

– Le mathématicien Abd Al-Hamîd Ibn Waçî (m. 850), et les astronomes Ahmad Ibn Muhammad An-Nahawandî de Gondeshapur (m. 835/45), et Umar Ibn Farrukhân (m. 815) du Tabaristân.

– L’astronome Ahmad Ibn Abd Allah Al-Marwarâdhi (de Merv), connu sous le nom de Hasbat al-Hâsib (Le Calculateur) qui compilé une table de tangentes. Il est mort centenaire vers 870.

– L’astronome Abû Al-Abbâs Al-Farghânî de Transoixiance, latinisé en Alfraganus (m. 860), dont le livre Uçûl Ilm an-Nujûm (Principe d’astronomie) a été régulièrement traduit pendant des siècles. Il a établi de nouvelles tables astronomiques, améliorant ainsi l’almageste de Ptolémée. Christophe Colomb a écrit que lors de son voyage vers l’Amérique, les calculs qu’il effectua pour déterminer le méridien et le zénith du soleil étaient les mêmes que ceux réalisés par Al-Farghânî. Soulignons que six siècles et demi séparent Colomb d’Al-Farghânî !

– Alî Ibn Isâ Asturlâbî qui était expert dans la fabrication d’instruments astronomiques, et plus particulièrement les astrolabes, d’où son surnom.

– Abû Zakariyyâ Yuhanna Ibn Masawayh (m. 857), médecin de cour sous six califes, dont Al-Hârûn et Al-Ma’mûn. Il a traduit des ouvrages médicaux grecs et byzantins en Arabe. Il fut maître de Hunayn Ibn Ishâq.

– Le philosophe et médecin Alî Rabbân Tabarî (m. 861), dont la principale œuvre philosophique est Firdaws al-Hikma (Le Paradis de la sagesse). En médecine, il est le premier à écrire sur les droits du patient ; il est ainsi le pionnier de la déontologie médicale. Il ne doit pas être confondu avec l’historien Abû Ja’far Muhammad Ibn Jarîr Ibn Yazid At-Tabarî du Xe siècle.

Le philosophe et médecin Abû Yûsuf Ibn Ishâq Ya’qûb Al-Kindî, latinisé en Alkindus (m. 873), considéré comme le premier grand philosophe du monde musulman. On lui doit, selon Ibn Nadîm, 241 ouvrages et selon Ibn Abî Usaybiya, 281. En plus de la philosophie et de la logique, il a écrit des traités de médecine, de physiologie, d’astronomie, de mathématique, de physique et d’optique géométrique. Il fut l’un des pionniers de Bayt al-Hikma (La Maison de la sagesse), sorte d’académie des sciences fondée à Baghdad. Ses ouvrages connus qui existent encore à ce jour sont Matière, Forme, Mouvement, Espace et Temps, Essence de la philosophie, Intelligence et Visions.

Il est le premier scientifique à donner une explication satisfaisante à la question de savoir pourquoi la surface de la Terre est plus chaude que l’atmosphère. Il est également le premier à expliquer la formation des nuages et le mouvement des vents, en sa basant sur les différences de températures.
Il a traduit en arabe de nombreux textes de philosophie grecque et il fut le premier savant musulman à essayer de concilier philosophie et religion. La grande tradition de la philosophie musulmane prenait avec lui son départ.

Lettres et culture

– L’historien et généalogiste Ibn Al-Kalbî (m. 819), spécialiste de l’histoire antique préislamique d’Arabie.

– Le grand historien et biographe Abû Abd Allah Muhammad Ibn Umar Ibn Wâqidî (m. 822), connu pour ses récits des premières batailles et conquêtes : Kitâb at-Târikh wa-I-Maghâzi (livre de l’histoire et des batailles), Futûh al-Irâq (Conquête de l’Iraq), Futûh ash-Shâm (Conquête de la Syrie).

– Muhammad Abd Al-Mâlik Ibn Hishâm (m. 834), historien et biographe d’une grande renommée. Sa biographie du Prophète (QSSSL) (Sîrat) est célèbre, à juste titre. C’est la plus ancienne biographie existant du Prophète (QSSSL) ; elle est l’abrégé de la première Sîrat monumentale composée par Muhammad Ibn Ishâq (m. 767).

– L’historien Muç’ab Az-Zubayrî (m. 850), auteur de Nasab Quraysh (La Généalogie des Quraysh).

– L’historie Muhammad Ibn Sa’d, (m. 844), auteur de plusieurs biographies volumineuses. Il est spécialiste dans la connaissance des transmetteur de hadiths (‘Ilm ar-Rijâl ou Ma’rifat ar-Rijâl). Son œuvre la plus connue est Kitâb at-Tabaqât (Le livre des catégories), dans lequel il classe les compagnons du Prophète (QSSSL) (Çahâba) et ceux qui les suivirent (Tâbi’în).

– Les écrivains et poète Aç-Çûlî, Abû ‘Atâhiya (m. 826) et Abû Tammâm (m. 845). Divers – Fondation de Bayet al-Hikma (La Maison de la sagesse) à Baghdâd, en 832. Ce fut une sorte d’académie des sciences, où dans un premier temps, l’héritage culturel de l’Antiquité grecque et sanscrite fut traduit en arabe. Par la suite, elle servit de centre avancé d’érudition pour le monde entier.

Dans le monde musulman, d’autres centres furent ensuite créés sur son exemple, comme l’école de médecine de Cordoue fondée par le calife ‘Abd Ar-Rahmân III vers 950, Dâr al-Hikma, Jâmi’a al-Azhâr au Caire en 972 et Madrasa Nizâmiyya à Baghdâd en 1067.

– C’est probablement au cours de ce siècle que fut écrit Alf Layla wa Layla (Les Mille et une Nuits) , chef d’œuvre anonyme de la littérature arabe. Il est composé d’un ensemble de contes et de légendes comme ceux de Shéhérazade, Ali Baba, Sindbad le Marin, Aladin et la Lampe Merveilleuse, etc., devenus depuis partie intégrante du patrimoine mythique universel.

Ixe siècle : seconde moitié 868-905.

Règne de la dynastie toulunide en Egypte et en Syrie. 869. Conquête de l’île de Malte. 875-999. Règne de la dynastie samanide au nord-est de la Perse, en Afghanistan et au Tadjikistan. 880. L’Italie est reprise par les forces chrétiennes sous le commandement de Basile I (m. 886).

– Le théologien et juriste Imâm Ahmad Ibn Muhammad Ibn Hanbal (m. 855), qui a donné son nom à l’une des quatre écoles de jurisprudence les plus connues de l’Islam sunnite. Son œuvre la plus populaire est le volumineux recueil de traditions Al-Musnad.

– Ad-Darimî (m. 869), un des principaux compilateurs de Hadiths.

– Le grand mystique soufi Abû Al-Fayd Thawbân Ibn Ibrâhîm Dhû An-Nûn Al-Miçrî (m. 859) considéré comme le père de la mystique. On lui attribue la doctrine ma’rifa (gnose) et la classification des états mystiques.

– Le soufi Muhammad Ibn Karrâm originaire du Sijistân et mort en 869 à Al-Quds, où ses disciples fondèrent un khanqa (séminaire), considéré par certains comme la première madrasa dans l’histoire de l’Islam. Cette confrérie mystique fit beaucoup pour l’islamisation du Khurâsân et de l’Inde du Nord. – Le soufi Sarî As-Saqatî (m. 871), un des disciples d’Al-Muhâsibî.

– Le mystique soufi Abû Yazîd Al-Bistâmî (m. 874) connu sous le nom de Bayazîd, de la ville de Bistâm dans le Khurâsân.

– Le mystique et philosophe Hakîm Tirmidhî. Il reste avant tout, dans l’histoire du soufisme, le théoricien de la walaya (amitié que Dieu réserve à ceux qui Le servent). Il ne faut pas le confondre avec ‘Ali At-Tirmidhî, le traditionniste.

– Les six grands traditionnistes (spécialistes du Hadith), auteurs des Çihâb Sitta (Les six recueils authentiques) qui rassemblent les paroles et les traditions du Prophète de l’Islam : l’Imâm Abû ‘Abd Allâh Muhammad Ibn Ismâ’îl Al-Bukhârî (Bukhârî, m. 870), l’Imâm Abû Al-Husayn Muslim Ibn Al-Hajjâj An-Nishapurî (Muslim , m. 875), l’Imâm Abû Dâwûd As-Sijistânî (Abû Dâwûd, m. 888/9), l’Imâm Abû ‘Abd Allâh Ibn Mâjah (Ibn Mâjah, m. 886), l’Imâm Abû Muhammad ‘Alî At-Tirmidhî (Tirmidhî, m. 892) et l’Imâm Abû ‘Abd Ar-Rahmân An-Nasâ’î (Nasâ’î, m.915).

Science et technologie

– L’astronome et géomètre Al-Mahânî (m. 880) de la région du Kirmân, qui a étudié le problème de la diversion d’une sphère selon une équation cubique, solution qui porte son nom. Le célèbre mathématicien et poète du début du XIIe siècle, ‘Umar Khayyâm, écrivit que Al-Mahânî fut le premier mathématicien à poser le problème algébrique d’une équation du troisième degré, et que Abû Ja’far Al-Khâzinî (Xe siècle) en donna la solution.

– Le mathématicien Ahmad Ibn Yûsuf d’Egypte (m. 912), dont les travaux principaux portent sur les problèmes de proportions. – Les astronomes Hamîd Ibn ‘Alî et Abû Bakr, le Persan ; l’arithméticien Al-Kalwâdhî et le mathématicien Al-Qalsadî (m. 890).

– Les frère Banû Mûsâ Ibn Shâkri. Il s’agit de trois frères, Muhammad, Ahmad et Hasan, dont le père Mûsâ Ibn Shâkir était un bandit qui devint un ami personnel du calife Al-Ma’mûn. A la mort de Mûsâ, le calife mit les trois jeunes garçons sous la garde de Yahyâ Ibn Abî Mançûr, astronome et directeur de Bayt al-Hikma. Par la suite les trois frères ouvrirent leur propre institution où des travaux scientifiques et des traducteurs de renom comme Hunayn Ibn Ishâq et Thâbit Ibn Qurra furent formés dans leur école. Muhammad était un grand mathématicien, astronome et philosophe.
Ahmad était un ingénieur et technicien doué, dont le livre sur les automates, «Le livre des objets ingénieux», rencontra un grand succès et fut traduit dans plusieurs langues européennes. Quant à Hasan, il fut un géomètre remarquable. Ensemble, ils mesurèrent la précession des équinoxes avec précision ainsi que la latitude de Baghdâd : 33° 20’, soit une valeur qui diffère seulement de 10 secondes de la valeur actuelle. Leur travail en astronomie fut traduit par Gérard de Crémone : Liber Trium Fratrum (Le livre des trois frères).

– L’astrologue Abû Mashar (m.888), natif de Balkh dans le Khurâsân, maître dans l’art de faire des prophéties après étude des mouvements stellaires. Son principal ouvrage, Kitâb al-Qirânât (le livre des Constellations) fut traduit en latin ; cela popularisa l’astrologie en Europe. Il est connu sous le nom latin d’Albumasar.

– L’arithméticien, astronome, botaniste et historien persan Abû Hanîfa Ahmad Ibn Dâwûd Ad-Dînawarî (m. 895), auteur de Kitâb an-Nabât (Le livre des Plantes), l’un des premiers travaux musulmans sur la botanique qui servit
de pilier pour les générations suivantes. En histoire, son Akhbâr at-Tiwâl (Les Longues narrations) est une histoire universelle axée sur la Perse. Son principal travail en astronomie reste le Kitâb al-Anwâ (Le livre des étoiles).

– Le pharmacologue Çabûr Ibn Sahal (m. 869) de Gondeshapur, auteur d’un traité sur les antidotes.
– Le grand mathématicien et médecin Thâbît Ibn Qurra Al-Harrânî (m. 901) qui a traduit le travail d’Archimède sur les sphères et les cylindres et a écrit des traités spécialisés sur les sections coniques. Il a également donné une démonstration claire du théorème de Pythagore, ainsi qu’une méthode de construction des carrés magiques. On dit qu’il a inventé la technique du massage cardiaque.

– Le médecin Abû Zayd Hunayn Ibn Ishâq (m. 873/7) de l’école de Gondeshapur, qui a traduit en arabe des oeuvres médicales grecques ainsi que les œuvres d’Archimède de Théodose et de Menelaüs. Il a également écrit «L’histoire des grands médecine ‘Ashr Maqâlât fi-l’Ayn (Dix chapitres sur l’oeil) et Masâ’il fi-ttibb (Questions de médecine).

– L’incomparable Abû Bakr Muhammad Ibn Zakariyyâ Ar-Râzî, latinisé en Rhazes (m. 923). Originaire de la ville de Rayy en Perse, il était un grand médecin, clinicien et chimiste, et fut le chef de Bimaristan (hôpital) fondé à Baghdâd en 918 par le Calife Al-Muqtadir. Il écrivit une encyclopédie médicale en 20 volumes : Ktâb al-Hawî (Le livre complet), dont il fit un résumé en 10 volumes sous le titre d’Al- Mançûr. Sa version latine fut imprimée à Padoue, Italie, en 1432 sous le titre Liber Nonus Ad Almansorem. Il est le premier praticien de l’histoire de la médecine à écrire un livre sur les maladies infantiles et peut donc être considéré comme le premier pédiatre. Il est le premier à faire une distinction entre la rubéole et la rougeole et dans son «Traité sur la variole et la rougeole», il donne une description claire de ces deux maladies. Il a expliqué comment un laboratoire chimique devait être équipé. Son travail le plus célèbre en chimie est Sirr al-Asrâr (Secret des secrets) dans lequel il décrit la déshydratation de l’alcool par la chaux, la préparation de l’acide sulfurique à partir du sulfate ferrique, différentes techniques de distillations, etc. Il a établi la division des substances selon le règne animal, végétal et minéral. En plus des sujets précédents, il a écrit plusieurs livres sur l’histoire, la philosophie, la métaphysique, la théologie, les mathématiques et l’astronomie !

Ses ouvrages, tout comme ceux d’Ibn Sînâ (Avicenne), furent enseignés dans toutes les universités médicale européennes jusqu’au XVIIIe siècle. A l’université de Francfort-sur-l’Oder, le programme de médecine resta exclusivement basé sur les travaux d’Ibn Sînâ et d’Ar-Râzî jusqu’au XVIIe siècle. Jusqu’en 1745, on continua d’imprimer le traité d’Ar-Râzî sur la variole, soit près de neuf siècles après sa rédaction !Il est, sans aucun doute, le plus grand clinicien musulman de tous les temps. Mahmûd Najamabadi, dans sa biographie consacrée à Ar-Râzî, lui reconnaît 250 livres et articles dont, selon Brockelmann, seulement 59 sont parvenus jusqu’à nous. «Le catalogue de ses ouvrages, selon la distribution faite par Al-Bîrûnî, donne : 56 écrits sur la médecine, 33 sur d’autres sciences naturelles, 8 de logique, 10 de mathématiques, 23 de philosophie et métaphysique, 14 de théologie, 23 d’alchimie et 17 sur des sujets variés» !

– L’historien en géographe arabe Ya’a qûbî, dont le nom complet est Ahmad Ibn Abû Ya’qûb Ibn Ja’far Ibn Wahâb Ibn Wadîh Al- Ya’qûbi (m. 897). Ses plus importants travaux sont Târîkh Ibn Wadîh (Chroniques d’Ibn Wadîh), une histoire universelle allant jusqu’en 872 et Kitâb al-Buldân (Le livre des pays), un remarquable traité de géographie.

– Le géographe persan Ibn Khurdadbeh (m. 860), auteur de Kitâb al-Masâlik wa al-Mamâlik (Le livre des routes et des pays). Fils de Abd Allah Ibn Khurdadbeh, gouverneur du Tabaristân, il fut le receveur principal des postes du gouvernement Abbasside.

– Le voyageur et marchand Sulayman, qui écrivit en 851 un livre sur la Chine ultérieurement complété par Abû Zayd Al-Balkhî (en 880). La traduction de cet ouvrage fut le premier livre sur la Chine que connut le monde occidental.

– Zubayr Ibn Bakkar (m. 870), neveu de Muç’ab Az-Zubayrî, auteur d’un ouvrage d’une grande érudition sur la généalogie.

– Le philosophe Al-Jahîz (m. 869), un étudiant d’An-Nazzâm. Sa pièce maîtresse est Kitâb al- Hayawân (Le livre des animaux), qui est une anthologie de textes poétiques. Il est aussi l’auteur d’un livre satirique, Kitâb al-Bukhâlâ (Le livre des avares).

– L’historien et biographe Abû Al-Abbâs Ahmad Ibn Yahyâ Ibn Jâbir Al-Balâdhuri (m. 892), connu pour ses travaux Futûh al-Buldân (Conquêtes des villes) et Ansâb al-Ashrâf (Généalogie des nobles).

– L’historien, grammairien et théologien Ibn Qutayba (m. 889), auteur de différents travaux encyclopédiques.
Son chefd’oeuvre, ‘Uyûn al-Akhbâr (Sources de nouvelles), est une sorte d’anthologie encyclopédique dans laquelle il traite de tous les sujets possibles et inimaginables (questions de gouvernement, de guerre, d’ascétisme,
d’alimentation, etc.), le tout agrémenté de nombreuses citations et de passages poétiques.
Les autres oeuvres célèbres d’Ibn Qutayba sont Kitâb al-Ma’ârif (Le livre des connaissances), un manuel d’histoire, Kitâb Tawil Mukhtalif al-adîth (Livre des divergences du Hadîth), et son Kitâb ash-Sha’r wa ash-Shu’arâ (Le livre de la poésie et des poètes). 29 de ses œuvres authentiques existent encore.