S&P dégrade la note souveraine de la France

Posted on 16/01/2012

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La note de la France a été dégradée par l’agence de notation Standard & Poor’s selon une source gouvernementale française citée anonymement par l’AFP. Une source européenne citée par Reuters confirme cette information. L’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg auraient été épargnés par cette dégradation.
Deux autres pays de la zone euro bénéficient jusqu’ici de la meilleure note possible : l’Autriche et la Finlande. Mais la source citée par l’AFP n’a pu donner immédiatement de précisions les concernant. L’agence d’évaluation financière et Bercy se sont refusés à tout commentaire.

La rumeur bruissait depuis le milieu d’après-midi, vendredi 13 janvier, provoquant la chute de la Bourse de Paris, à l’image des autres places européennes qui reculaient également. L’euro aussi chutait face au dollar, repassant sous le seuil de 1,27 dollar.

PAS DE COMMENTAIRE DE S&P NI DE BERCY

Sous l’effet de la dégradation imminente de certains pays de la zone euro, les futures sur indice creusaient leur perte à Wall Street. Dans la foulée, les taux des obligations espagnoles, italiennes et françaises repartaient en nette hausse, signe d’une défiance des investisseurs.

Cette décision de S&P planait sur les marchés depuis plus d’un mois : le 5 décembre, l’agence a annoncé que la plupart des pays de la zone euro pourraient voir leur note abaissée à très court terme en raison d’une aggravation des tensions systémiques liées à la crise de la dette.

L’agence de notation, avait alors mis une pression particulière sur la France en précisant qu’elle pourrait être dégradée de deux crans contre un seulement pour les cinq autres pays AAA de la zone euro, soit l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande, le Luxembourg et les Pays-Bas.

AFP – Le monde

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Davantage de rigueur

En août dernier, l’agence Standard & Poor’s révisait à la baisse le triple A des Etats-Unis. Barack Obama avait alors prévenu ses concitoyens :  » Si on perd le AAA, tout le monde paiera plus d’impôts « . En effet, l’augmentation des taux qui s’ensuit est synonyme de manque à gagner pour le budget de l’Etat. Bien que le Gouvernement s’en défende, la France pourrait se voir dans l’obligation de voter un troisième plan de rigueur. Selon plusieurs économistes, ce plan serait beaucoup plus sévère que les précédents et l’Etat pourrait mettre davantage les ménages à contribution.

Les organismes publics menacés

Dans la mesure où leur sort est lié à celui de l’Etat, les organismes publics sont également menacés de voir leur note dévaluée. Les institutions publiques, gros émetteurs de dette, sont concernées : l’Unedic (assurance chômage), l’Assistance publique ou la Caisse des dépôts qui soutient le logement social et la rénovation urbaine, sont sur la sellette. Ou bien encore, les entreprises ayant le soutien de l’Etat comme La Poste, Réseau Ferré de France. Avec moins de ressources allouées, elles pourraient répercuter cette perte auprès des clients en augmentant leurs tarifs. L’austérité touchera aussi les collectivités locales, soumises à la fois aux pressions de l’Etat et à celles des agences de notation. Les impôts locaux augmenteraient dans la foulée.

Des crédits plus difficiles à obtenir

Les banques sont elles aussi la cible des agences de notation. Si leur évaluation venait à baisser, leur financement auprès des marchés serait plus coûteux. Elles pourraient reporter leurs contraintes sur les usagers, aussi bien particuliers qu’entreprises : la tendance serait au durcissement du crédit et à la hausse des taux d’intérêt. Avec comme conséquence une activité économique morose.

Ce scénario est-il trop catastrophique ? Peut-être. Il se trouve que les pays qui ont vu, ces dernières années, leur note abaissée, n’ont pas subi de contrecoup notable. Au contraire, que ce soit le Japon au début des années 2000, ou la Nouvelle Zélande plus récemment, ces pays ont vu leur taux d’intérêt baisser. Or, plus la note du pays est mauvaise, plus les taux auxquels il emprunte devraient être élevés. La réalité contredit parfois la théorie des manuels d’économie.