Dossier spécial NUCLEAIRE

Posted on 16/01/2012

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http://www.sortirdunucleaire.org/sinformer/themas/canicule/Dossier-Canicule.pdf

De la crise à la guerre
Posted by Laurent Artur du Plessis under Crise économique, Choc Islam-Occident, Guerre mondiale | Tags: Armes de destruction massive, Chine, terrorisme, mondialisation, Crise, guerre, oligarchie financière, Occident, faillite des États, banques, économies réelles, Deuxième Guerre mondiale, nazisme, islam, Russie |
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L’oligarchie financière qui gouverne l’Occident depuis plusieurs décennies a fait croire que la crise était imprévisible. Faux : des experts l’avaient annoncée, certains depuis plus de dix ans. Ils avaient les bons outils d’analyse. La crise entre dans sa phase la plus aiguë avec la « faillite » en série des
États, qui se répercute sur les grandes banques et l’économie réelle. À son paroxysme, elle sera pire que celle de 1929 et provoquera la chute de l’oligarchie financière. À l’échelle planétaire, la guerre et la paix dépendent du climat économique. La crise de 1929 entraîna la montée du nazisme et la
Deuxième Guerre mondiale. La crise d’aujourd’hui, en minant le printemps démocratique arabe par une paupérisation qui fera le jeu des extrémismes, mènera à la Troisième Guerre mondiale. Celle-ci opposera l’Occident et ses alliés, le Japon et l’Inde, à l’Islam et à la Chine, en un cocktail de guerres civiles, interethniques et interétatiques, enrichi de terrorisme et d’armes de destruction massive. Les peuples européens devront prendre en main leur défense. Quel camp la Russie choisira-telle ?
À la mondialisation économique aura succédé le chaos mondial.

8 août 2011
Les peuples ne veulent plus de la cavalerie financière
Posted by Laurent Artur du Plessis under Crise économique | Tags: 1929, AAA, alccol, Amy Whinehouse, Angela Merkel, Barack Obama, Ben Bernanke, démocrates, Federal reserve bank, Maison-Blanche, mid-term, plafond de la dette, Quantitaive Easing, républicains, relance budgétaire, Standard and Poors, Tea Party, USA |
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Pour la seconde fois, la crise du système financier international entre dans une phase aiguë. La première fois, c’était en 2008. Depuis, il semblait en convalescence. La rechute est gravissime : il se désagrègera dans un fracas planétaire.

Le Tea Party a dit non

Le détonateur a été l’agence Standard and Poor’s, qui a transgressé un tabou en rétrogradant le AAA des USA, première puissance mondiale, géant impérial et militaire, clé de voûte du système économique et financier planétaire. L’agence s’est émue de l’affrontement parlementaire brutal et prolongé entre républicains et démocrates au sujet de la demande d’autorisation légale de relèvement du plafond de la dette souveraine américaine par la Maison-Blanche, qui a débouché in extremis sur un accord a minima – relèvement de 2 100 milliards de dollars, réduction des dépenses fédérales de 2 500 milliards de dollars en deux fois – jugé très loin du compte.
Cet affrontement parlementaire a marqué un tournant décisif. Rien ne sera plus comme avant. Avant, les parlementaires entérinaient les plans de relance, à l’unisson d’une l’opinion publique encore confiante dans la capacité des élites à éviter une crise économique de l’intensité de celle de 1929. Désormais, l’opinion n’a plus confiance dans ses élites et leur politique de relance qui a débouché sur une croissance faible et une montée du chômage en 2010-2011.
Les commentateurs ne s’y trompent pas, qui maudissent le mouvement Tea Party devenu prépondérant au parti républicain à l’occasion des élections de mi-mandat (mid-term) de novembre dernier. L’influence du Tea Party a fondé l’hostilité « jusqu’au-boutiste » du parti républicain au relèvement du plafond de la dette : il a mis son veto à la cavalerie financière menée par l’État fédéral pour essayer de relancer l’économie.

Décès par sevrage alcoolique

Le Tea Party a dit non à la poursuite du traitement du mal par le mal : il ne faut plus donner de l’alcool à l’alcoolique. L’économie américaine était intoxiquée au crédit facile – sous forme de création monétaire ex-nihilo et sans limites par la Federal Reserve Bank pratiquant des taux d’intérêt très bas, avec un dollar découplé de l’or – et à la relance budgétaire financée par des déficits abyssaux (14 300 milliards de dollars mi-mai).
La colère des commentateurs contre le Tea Party se comprend : ils craignent que l’économie mondiale ne succombe de la même façon que la chanteuse Amy Whinehouse. Cette grande artiste est récemment décédée, à 27 ans, d’un sevrage brutal d’alcool et de drogue. Les médecins addictologues savent qu’un sevrage top rapide peut être fatal.
Le sevrage d’un alcoolique ou d’un drogué se contrôle en milieu médicalisé. Les médecins surveillent les réactions du patient en manque, réduisent en douceur les doses de drogue et d’alcool, supplémentent l’organisme en eau, agents nutritifs et médicaments détressant le système nerveux.
L’économie mondiale n’a pas de centre de désintoxication planétaire. Tout est improvisé de ci-de là. Le traitement a été lancé en Europe, en 2010, à l’instigation allemande. D’où un affrontement violent entre Angela Merkel et Barack Obama au G20 de Toronto en juin 2010 : le président américain reprochait à la chancelière allemande de torpiller la politique de relance par la dépense publique initiée en 2008 par les États-Unis et imitée par les Européens jusqu’au revirement de 2010.
2011 : pendant que l’Europe renouait avec l’austérité, les USA poursuivaient la relance par le Quantitative Easing 2 (injection de liquidités par la Fed) succédant au QE1, et par le déficit budgétaire.
Tant d’argent injecté et si peu de résultats ! : une économie américaine se traînant, avec une croissance molle, un chômage en hausse, des ménages démoralisés devenus allergiques à la surconsommation.
Alors, les dirigeants américains estimèrent qu’il fallait prolonger la politique de relance le temps nécessaire : à force, on finirait bien par relancer puissamment l’économie ! Ben Bernanke, le patron de la Fed, souhaitait reconduire les Quantitative Easing et le président Obama différer le désentettement fédéral jusqu’au redémarrage de l’économie. Le surplus de recettes fiscales liées à cette embellie rééquilibrerait les finances publiques américaines. C’était poursuivre une chimère. Mais, dans les hautes sphères du pouvoir, la capacité à s’illusionner peut être sans limites.

C’est le peuple qui a tranché

Le peuple américain s’en est mêlé : il a dit non à la cavalerie financière, à la fuite en avant dans la dépense et l’endettement. Il l’a fait dès les élections de mid-term de novembre dernier, en élisant de nombreux candidats du Tea Party, messagers de la rigueur financière, du refus du surendettement public.
Prolonger la politique de relance n’aurait fait que retarder la catastrophe pour la rendre encore plus dantesque. Il vaut mieux vider l’abcès sans attendre, c’est-à-dire laisser la crise faire son œuvre purgative. Certains croient que la crise aiguë pourrait être évitée par la mise en œuvre de politiques d’austérité draconiennes. Hélas, non, c’est trop tard : c’eût été possible il y a au moins 20 ans, sinon plus. Entretemps, le point de non retour des déséquilibres structurels a été dépassé.
En tout cas, le Tea Party a lancé les dés, ils ont commencé à rouler et le système économique et financier mondial s’écroule…

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14 juillet 2011
La crise économique entre dans sa phase aiguë
Posted by Laurent Artur du Plessis under Crise économique | Tags: AA, AAA, Ben Bernanke, Cise économique, Congrès, dette publique, dollar, Espagne, euro, Euroland, Faillite, Fed, Fitch, FMI, Grèce, Irlande, Italie, Moody’s, Obama, Portugal, Standard and Poors |
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La reprise, c’est d’ores et déjà fini. La crise économique mondiale est entrée dans sa phase aiguë : la faillite en série des États. La Grèce fait souffler un vent de panique jusqu’à Washington.

La Grèce cachait le mastodonte américain

Longtemps, les Américains crurent que la crise grecque ne concernait que les Européens : les quelque 350 milliards d’euros de dette souveraine de ce petit pays de 11 millions d’habitants n’allaient pas plomber la reprise économique mondiale et faire trembler la planète ! Dans les médias américains, prévalait l’idée que le cas grec, auquel faisaient écho ceux du Portugal, de l’Espagne, de l’Irlande, résultait de l’anémie chronique de la Vieille Europe, incapable, hormis l’Allemagne, de profiter pleinement de la reprise économique mondiale.
Cette vision bornée méconnaissait le caractère systémique de la crise : c’est l’Occident dans son ensemble qui est surendetté dans des proportions démesurées. Les États-Unis sont concernés au premier chef, avec une dette publique ayant franchi, à la mi-mai, le plafond légal de 14 294 milliards de dollars fixé par le Congrès. Leur surendettement menace autrement plus sérieusement l’économie mondiale que celui de la Grèce.

Le Trésor public américain acculé aux expédients

Entretemps, la température a fortement augmenté à Washington, la majorité républicaine du Congrès s’étant engagée dans un bras de fer avec la Maison-Blanche au sujet du relèvement de ce plafond légal. Cet affrontement, qui dure encore, a projeté les États-Unis sur le devant de la scène mondiale du surendettement. En attendant un compromis avec le Congrès, le Trésor a cessé d’alimenter autant qu’il le devrait les caisses de retraites des fonctionnaires. Sans incidence sur le versement actuel des pensions, ces mesures sont légales. Le Congrès les a conçues pour fournir au gouvernement fédéral le moyen d’empêcher que la dette publique ne dépasse la limite qu’il lui a assignée. Elles dégageront une marge de 224 milliards de dollars de façon à ce que l’État continue d’émettre des titres de dette selon le calendrier prévu, jusqu’au 2 août, sans augmenter son endettement net.

Les États-Unis ont peur et font peur

Mais, volontiers donneurs de leçon, les États-Unis se voient désormais tancés par des personnalités habituellement aussi bienveillantes à leur égard que José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne : agacé par leurs remarques acides au sujet du traitement de la crise grecque par l’Euroland, il leur rappelait l’ampleur de leur propre endettement public.
En fait, les États-Unis inquiètent de plus en plus. Déjà, en avril dernier, l’agence de notation Standard and Poors révisait sa perspective sur leur note à long terme de « stable » à « négative ». Hier, un seuil a été franchi par sa consœur Moody’s : elle a placé la note des États-Unis sous surveillance « en vue d’un éventuel abaissement étant donné la probabilité croissante que la limite légale à la dette ne sera pas relevée dans les temps ». C’est la première fois que l’une des trois grandes agences de notation profère une menace de déclassement pareille à l’encontre des USA. « Faute d’un accord, les États-Unis pourraient manquer certains remboursements sur les obligations publiques en circulation », ajoute-t-elle. Moody’s ferait passer la note américaine passerait de AAA à AA, qui reste une catégorie d’investissement. Mais cela le freinerait. L’annonce de Moody’s a fait baisser le dollar et les emprunts d’État américains. L’agence veut stopper la surveillance dès qu’elle saura si un défaut est évitable ou pas. Le maintien par elle d’une perspective stable sur la note américaine dépendra du projet de budget négocié entre Démocrates et Républicains. Mais le poison du doute s’est insinué. Même si le Congrès s’arrange pour que soit évité un défaut technique le 2 août prochain, la probabilité d’une révision de la perspective à négative dans les semaines qui suivront a augmenté.
Ben Bernanke, le patron de la Fed, a fait écho aux inquiétudes de Moody’s en avertissant qu’ « un défaut des États-Unis sur ses dettes, ou sur ses engagements à l’égard de ses propres citoyens, créerait une crise majeure. Ne pas relever le plafond de la dette publique plongerait le système financier dans un désarroi considérable. » Christine Lagarde, nouvelle patronne du FMI, s’est émue elle aussi. Et voilà qu’Obama vient de piquer une crise de colère contre les chefs de file républicains au Congrès, mettant sa présidence dans la balance.
En toile de fond de ce drame, le ralentissement de l’économie américaine : elle n’a créé que 18 000 emplois en juin, contre 25 000 en mai et 217 000 en avril…

La crise est systémique

La formation de ce pot au noir explique pourquoi la Maison-Blanche s’inquiète tellement de l’effet de contagion de la Grèce, reprochant aux Européens de ne pas aider celle-ci avec l’intensité et la promptitude nécessaires pour éteindre la panique. Le caractère systémique de la crise commence à lui apparaître. Déjà, Standard and Poors et Moody’s ont envisagé de dégrader la note de l’Italie qui, économiquement, pèse plus de deux fois plus que la Grèce, l’Irlande et le Portugal additionnés. Si l’Italie tombe, elle entrainera la zone euro dans sa chute. Les Bourses s’affolent d’autant plus que les Européens hésitent à mettre sur pied un second plan d’aide à la Grèce analogue à celui décidé il y a un an, qui portait sur des prêts s’élevant à 110 milliards d’euros : ils sont en désaccord sur la nécessité de faire contribuer les créanciers privés de la Grèce (banques, compagnies d’assurance et fonds de pension) et sur les modalités d’une telle participation. Le FMI, qui a prêté à la Grèce 30 milliards d’euros en avril 2010, ne compte pas en faire plus pour l’instant. Les marchés financiers font généralement le lien entre la Grèce et l’Italie : si celle-là périt, celle-ci leur semblera condamnée.

L’Europe dans l’œil du cyclone

La descente aux enfers de la Grèce continue. Malgré le vote d’un second plan d’austérité par le Parlement grec, hier, l’agence Fitch a rétrogradé sa note. L’Europe dévisse. Le 4 juillet, l’Agence de notation Moody’s a abaissé de quatre crans la note à long terme du Portugal, la plaçant dans la catégorie des investissements risqués. Le 7 juillet 2011, Moody’s a abaissé la note sur la dette, garantie par le gouvernement Portugais, de quatre banques portugaises. Pourtant, en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros décidé en mai, Lisbonne s’était déjà engagé à mettre en œuvre un plan de rigueur et de réforme sur trois ans pour ramener son déficit public de 9,1 % du PIB en 2010 à 5,9 % en 2011, puis à 3 % en 2013.
La contagion se répand en Europe. Moody’s a envisagé, hier, de dégrader à nouveau la note de Dublin, à cause de « la faiblesse continue de l’économie irlandaise ». Moody’s a donné ces précisions : « La perspective négative sur la notation du gouvernement irlandais reflète les risques importants pesant sur la mise en œuvre du plan de réduction du déficit, ainsi que le changement de ton des gouvernements européens sur les conditions auxquelles un soutien sera accordé aux pays en détresse financière».
La crise aura raison de l’euro : la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, en sortiront et dévalueront leurs monnaies. D’autres pays suivront. L’unification monétaire sans unification politique permettant une unification budgétaire est une chimère que la crise met en évidence.

Demain, ce sera le tour des États-Unis

C’est aujourd’hui l’Europe qui est dans l’œil du cyclone. Mais celui-ci ne tardera pas à traverser l’Atlantique, déferlant sur les États-Unis. Ils seront frappés par une grave crise obligataire. Le dollar se mettra en vrille. L’ambiance sur les marchés financiers deviendra dantesque. Le caractère systémique, donc mondial, de la crise deviendra évident pour tous. Il ne sera plus alors question de reprise économique mondiale. Le climat des relations internationales s’assombrira…

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19 juin 2011
Erdogan : vers le califat
Posted by Laurent Artur du Plessis under Choc Islam-Occident, Turquie | Tags: AKP, Atatürk, califat, Erdogan, Kémalisme, législatives, monde arabe, réforme constitutionnelle, Turquie, Union européenne |
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Le 12 juin dernier, l’AKP (parti de la Justice et du Développement) a raflé la majorité absolue (326) des 550 sièges parlementaires aux élections législatives turques, faisant mieux qu’au précédent scrutin, en 2007 (47% des voix), qui lui-même avait amélioré le score de celui de 2003 (34%). C’est la troisième fois que ce parti fondamentaliste islamique, au pouvoir depuis 2003, remporte les législatives : une éclatante victoire pour sa figure de proue, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Un génie politique

Erdogan est un génie politique. Maire d’Istanbul depuis 1994, il fut condamné, en 1998, à une peine de prison pour avoir prononcé un discours qualifié d’incitation à la haine, dans lequel il avait cité le poète nationaliste Ziya Gökalp, lors d’un meeting à Siirt, dans l’est du pays : « Les minarets seront nos baïonnettes, les coupelles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats ». Il a comprit qu’il fallait adapter le vocabulaire islamiste pour éviter de se heurter de front à l’armée. En 1998, Erdoğan quitta le Parti de la Vertu (FP), une organisation fondamentaliste ayant succédé au Refah Partisi de Necmetin Erbakan, qui était à l’époque la figure de proue du fondamentalisme islamique sur la scène politique turque. Et, avec une grande habileté tactique, il prôna une séparation de la religion et de l’État. Il plaida pour ces nouvelles façons de faire envers et contre la veille garde islamiste, sans renoncer pour autant à son objectif : la réislamisation de la Turquie et la renaissance du vieil empire ottoman qui avait dominé les Balkans, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord. En 2001, il créa l’AKP.

L’armée neutralisée par l’UE

Ce fut un coup au but. En 2003, l’AKP remporta les législatives. Sitôt au pouvoir, Erdogan a poussé la candidature de la Turquie à l’intégration à l’Union européenne. Objectif : utiliser Bruxelles pour se protéger des velléités putschistes de l’armée turque. L’UE n’a pas manqué d’accentuer la pression en faveur d’une démocratisation de la vie politique turque, pour qu’Ankara satisfasse aux « critères de Copenhague » imposés aux candidats à l’intégration.
Ainsi adossé à l’Europe, Erdogan multiplia les lois et mesures destinées à éreinter le pouvoir politique de l’armée, qui s’apparentait à un despotisme éclairé visant à sauvegarder, autant que possible, les acquis kémalistes en matière de laïcité. Il en est même venu à faire traduire en justice d’anciens officiers supérieurs accusés d’avoir comploté pour renverser le gouvernement de l’AKP. L’armée ne sortit pas de ses casernes pour autant, comme elle l’eût fait en d’autres temps…
Le processus d’intégration de la Turquie à l’UE patine, parce que les peuples européens le rejettent de plus en plus ouvertement. Qu’importe. Grâce à la pression européenne (et américaine), Erdogan a atteint son objectif : la neutralisation politique de l’armée turque. Il est déjà passé, depuis deux ans, à la phase suivante de son plan : le garrotage progressif des libertés publiques afin de réislamiser la Turquie. Il bride de plus en plus la presse, emprisonne les journalistes de l’opposition kémaliste et, à l’occasion, s’en prend aux intérêts des patrons liés à cette mouvance. Il encourage la prohibition de l’alcool, le port du voile… Il accentue le caractère islamiste de la politique étrangère turque dans les zones d’influences correspondant à l’empire ottoman de jadis, notamment les Balkans et l’Asie centrale.

Économie en expansion

Erdogan a su mener de front une réislamisation accélérée de la Turquie (lancé bien avant lui) et une politique économique libérale favorisant l’essor des patrons de PME issus des couches populaires et formés dans les imam-hatip, écoles et lycées qui ne sont pas voués seulement à la formation des imams, mais aussi aux enfants des milieux modestes. Ce patronat très pieux est l’un des meilleurs soutiens de l’AKP, qui a engrangé une fois de plus, le 12 juin, la moisson de la réussite économique turque de ces dernières années : l’inflation a été maîtrisée, la croissance économique a atteint près de 9% en 2010, et le revenu annuel par habitant a plus que triplé en une décennie. L’économie turque occupe le 16ème rang mondial, et le 6ème rang par rapport aux économies européennes.

Vers le califat

Les élections du 12 juin ont infligé à Erdogan une petite déconvenue : l’AKP n’a pas obtenu la majorité des deux tiers (367 sièges) à la Grande Assemblée nationale, requise pour modifier, sans l’aval des autres formations ou de l’opinion publique, la Constitution rédigée dans la foulée du coup d’État perpétré par l’armée en 1980. Et l’AKP est au-dessous du plancher des 330 députés requis pour soumettre les modifications de la Constitution à un référendum, avant de les faire valider par les autres partis politiques représentés au Parlement. Erdogan voudrait faire voter une réforme de la constitution, présidentialisant le régime et lui ouvrant une carrière de tout puissant chef de l’État. Il va s’employer à convaincre des parlementaires d’autres formations de voter en faveur de cette réforme constitutionnelle : un nouveau pari politique à la mesure de son talent…
Erdogan est admiré et respecté dans le monde arabe. Il y est déjà qualifié de « leader du Moyen-Orient ». Il rêve de restaurer le califat ottoman (fonction à la fois politique et religieuse) aboli par Atatürk en 1924. La crise économique mondiale, qui s’achemine vers sa phase aiguë avec la prochaine faillite en série des États, engendrera un contexte favorable à ce dessein : naufrage de la mondialisation, échauffement des esprits, choc des civilisations…

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4 juin 2011
L’économie américaine tombe en panne
Posted by Laurent Artur du Plessis under Crise économique | Tags: États-Unis, économie américaine, Congrès, consommation, création nette d’emplois, endettement, Fed, ISM, Moody’s, Obama, plan d’austérité, Quantitative easing, Reserve federal, Reuters, Standard & Poors |
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Le joli mois de mai n’a pas été riant pour l’économie américaine. La croissance du secteur manufacturier a plus ralenti que prévu : l’indice publié par les directeurs d’achats de l’ISM (Institute for Supply Management) s’élève à 53,5 points seulement. Ce niveau, nettement inférieur aux 60,4 points d’avril, est le plus bas depuis septembre 2009. Les économistes consultés par Reuters prévoyaient une décélération moins rapide : 57,7 points. La création nette d’emploi a été de 54 000 en mai, contre 232 000 en avril, 3 fois moins que prévu par les économistes. Le taux de chômage est grimpé à 9,1% en mai, son plus haut niveau depuis septembre 2010. La consommation est en berne (augmentation de la consommation réelle de 0,1% en mars et avril). L’immobilier aussi.
Le moteur américain de la croissance économique mondiale est en train de tomber en panne. Les colossales mesures de relance budgétaires et monétaires mises en œuvre jusqu’à maintenant n’auront pas réussi à empêcher une rechute de l’économie américaine. Elles l’auront seulement retardée.

L’échec de la planche à billets

La Réserve fédérale américaine (Fed) n’entend pas engager de nouvelles mesures de relance économique. Hier, dans une interview au Wall Street Journal, le président de la réserve fédérale de Dallas, Richard Fischer, a déclaré que « la Fed a fait son travail », et que, si des mesures de relance supplémentaires s’avèrent nécessaires, « elles devront venir d’ailleurs ». Cela veut dire qu’il n’y aura pas de « quantitative easing 3 », après le Q2 qui prend fin en ce mois de juin. La relance par la création monétaire à tout va par la banque centrale va prendre fin. L’économie américaine n’aura plus sa drogue. Elle va tomber en catalepsie.

Bientôt, un plan d’austérité

Il y a quelques jours, l’agence de notation Moody’s a menacé de placer le AAA américain sous surveillance négative. Standard & Poors en avait fait autant en avril. Le 16 mai dernier, l’endettement de l’État fédéral a atteint le plafond de 14 294 milliards de dollars fixé par le Congrès en janvier. La majorité républicaine va obliger le président Obama à œuvre un plan d’austérité qui intensifiera les convulsions de l’économie américaine, contrainte à un cruel sevrage de crédits.

Le cœur du réacteur nucléaire prend feu

La rechute économique de l’économie américaine, clé de voute de l’économie mondiale, entrainera une rechute de cette dernière. Les pays fortement exportateurs pâtiront du resserrement des débouchés américains. Un moment calmée par les politiques de relance, la crise systémique reprend inexorablement son cours. L’actualité économique des États-Unis va bientôt éclipser celle de la Grèce ou du Portugal : cette fois-ci, c’est le cœur du réacteur nucléaire qui prend feu…

22 mai 2011
DSK ou la mondialisation chancelante
Posted by Laurent Artur du Plessis under Crise économique | Tags: États-Unis, Bernanke, Cameron, Coface, DSK, Federal reserve bank, FMI, Merkel, mondialisation, Obama, Sarkozy, surendettement |
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DSK a-t-il commis un viol ou bien a-t-il été victime d’une manipulation ? Les enquêtes en cours répondront peut-être de façon irréfutable à cette question. Quoiqu’il en soit, la chute brutale de DSK revêt une portée symbolique. Il apparaissait comme un « sauveur du monde », un superman ayant tenu en respect la crise économique et préservé l’humanité d’un nouveau 1929. Il partageait ce titre de gloire avec quelques autres décideurs de premier plan, dont le président américain Barack Obama, Ben Bernanke, le patron de la Federal Reserve Bank et, subsidiairement, la chancelière allemande Angela Merkel, le président français Nicolas Sarkozy ou le Premier ministre britannique David Cameron.

Le demi-dieu DSK

En France, DSK faisait figure de demi dieu. Son étoile brillait au firmament des sondages. Il était considéré comme le futur candidat du PS à la présidentielle de 2010 et l’obstacle majeur à la réélection de Nicolas Sarkozy. Son prestige reposait sur un charisme certain, une réputation de grande compétence et l’impression qu’il donnait d’avoir fait la synthèse entre le socialisme et le capitalisme. Il était le dirigeant du FMI mais il semblait se soucier des pauvres, lui qui poussait pour rallonger les aides aux pays en perdition comme la Grèce.

Quand l’économie américaine sombrera

Le scandale qui a fait choir DSK n’a fait qu’anticiper, très brutalement, ce qui l’attendait dans les prochains mois. Le prestige de DSK était en sursis, au diapason de la reprise économique illusoire due aux relances budgétaires et monétaires (« quantitative easing »1 et 2 aux USA) destinées à faire repartir la consommation et à redynamiser ainsi l’économie mondiale. La manœuvre a échoué. La consommation de masse n’a pas retrouvé son rythme d’antan, et ces flots monétaires sont allés gonfler des bulles spéculatives (immobilier, matières premières…). L’économie réelle ne reprend pas de couleurs, l’économie spéculative prospère. La croissance mondiale donne des signes d’essoufflement : selon la Coface, elle devrait ralentir à 3,2% en 2011 contre 4% en 2010, « sous les effets conjugués des récents événements au Japon, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, mais aussi du désendettement du secteur privé, de la mise en place de politiques budgétaires restrictives en Europe, l’augmentation des prix du pétrole de 25 % et, enfin, du ralentissement attendu du commerce mondial. »
Ce que ne dit pas la Coface, c’est que les banques centrales achètent discrètement de l’or et se défont de leurs Bons du Trésor américains. Le « quantitative easing » 2 arrive à échéance en juin, et il n’y aura sans doute pas de Q3, vu les levées de boucliers de l’opposition républicaine aux USA. Et aussi des banquiers centraux du reste du monde. Ceux-ci sont paniqués par l’inflation générée par les flots de liquidités de la Banque centrale américaine. Pour endiguer cette inflation, ils remontent leurs taux d’intérêt, étouffant des économies à la santé précaire. Quant à l’économie américaine, sans ses piqures de liquidités créées ex-nihilo, elle sera en manque, comme un drogué privé de sa drogue. La consommation, moteur de la croissance américaine, périclitera.

Le contrecoup sur les pays émergents

La Coface évoque un effet de ciseau des risques entre les pays avancés et les pays émergents : ceux-ci, « grands gagnants de la crise », devraient connaître, en 2011, un taux de croissance de 5,6 % contre 1,7 % pour les pays avancés. Grands gagnants de la crise, les pays émergents le sont pour l’instant. Mais cela ne durera pas : quand la consommation américaine entrera en léthargie, tandis que celle des Européens ralentira aussi, ils verront se réduire comme peau de chagrin leurs débouchés à l’exportation. Ils sombreront à leur tour. D’autant que l’éclatement prévisible de la bulle spéculative sur les matières premières, faisant chuter les prix de ces dernières, portera un grave préjudice à ceux des pays émergents qui en sont de grands exportateurs. Tout cela se déroulera sur fond de crise monétaire. En tant que monnaie de référence, le dollar est en train de naufrager.
À ce stade, la mondialisation aura du plomb dans l’aile. Les « sauveurs » d’aujourd’hui seront tous voués aux gémonies…

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25 avril 2011
La crise économique mènera à la guerre
Posted by Laurent Artur du Plessis under Crise économique | Tags: économie réelle, BRICS, consommation, crédit, crise de 1929, demande intérieure, FMI, guerres civiles, matières premières, ONU, terrorisme |
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La consommation dopée au crédit (lui-même alimenté par une création monétaire déconnectée de l’économie réelle) qui a régi les économies occidentales depuis plusieurs décennies, stagne quand elle ne régresse pas. Dans les prochaines années, elle sera foudroyée par l’inéluctable faillite en série des États surendettés.
Cela va entraîner de lourdes conséquences pour les pays fortement exportateurs du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui jusque-là font figure de grands gagnants face aux pays occidentaux « sur le déclin » : ils entreront à leur tour en crise, faute de pouvoir développer à temps une demande intérieure solvable pour prendre le relais de la demande internationale défaillante. Alors, c’est l’économie mondiale dans son ensemble qui sera en crise. Le marasme des pays émergents s’ajoutera à celui des pays occidentaux.

Guerres civiles, guerres internationales, terrorisme

Ce cataclysme économique planétaire provoquera des guerres civiles à base d’antagonismes sociaux, ethniques, religieux , et des guerres internationales (comportant aussi des ingrédients ethno-religieux) catalysées par d’âpres compétitions pour les matières premières (hydrocarbures, céréales, minerais, eau…). Ces violences seront colorées d’un terrorisme à l’efficacité démultipliée par la vulnérabilité des infrastructures modernes (industries chimiques, réseaux électriques, centrales nucléaires…) qu’il est possible de saboter avec un minimum de moyens pour un maximum de dégâts matériels et humains : la concentration des populations dans les villes est de nature à amplifier démesurément l’impact des actes terroristes.

La crise de 29 conduisit à la 2ème Guerre mondiale

L’aggravation de la crise économique par la prochaine faillite des États occidentaux et son inéluctable extension aux pays du BRICS entraineront le monde dans la guerre sous toutes ses formes. Comment pourrait-il en être autrement ? La crise de 1929 déboucha sur l’accession du nazisme au pouvoir et la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, cette crise se produisit dans un contexte différent de celui d’aujourd’hui : les économies étaient beaucoup moins interdépendantes, beaucoup d’entre elles étaient encore quasi autarciques, le volume du commerce international était moindre, l’économie mondiale comportait des caissons étanches. De nos jours, avec la mondialisation, les transports intercontinentaux de masse, la numérisation globale, toutes les économies sont interconnectées. Il n’y a plus d’aire économique qui soit à l’abri des tempêtes. Une crise boursière fait le tour du monde en quelques heures.

Le naufrage de « la gouvernance mondiale »

Au cours des dernières décennies, l’idée d’une gouvernance mondiale faisait son chemin au diapason de l’essor de la mondialisation de l’économie. Les organisations internationales (ONU,FMI…) étaient volontiers présentées comme la préfiguration de cette gouvernance mondiale. Après l’effondrement de l’URSS, la puissance américaine catalysait ce processus de gouvernance mondiale, qui prenait les allures d’une « pax americana ». L’élan vers la gouvernance mondiale est battu en brèche par la crise, qui exacerbe les antagonismes monétaires, commerciaux… Les pommes de discorde se multiplient. L’autorité de « gendarme du monde » qu’exerçaient les États-Unis se désagrège rapidement au fil de la crise économique. Le monde va vers le polycentrisme. Les désaccords économiques qui s’exacerbent feront le lit des prochaines guerres.

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23 avril 2011
Les États-Unis perdront leur triple A
Posted by Laurent Artur du Plessis under Crise économique | Tags: AAA, États-Unis, BRICS, déficit public, dette publique, Espagne, Grèce, PIB, PNB, Portugal, Standard&Poors |
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Tant que les agences de notation s’en prenaient aux économies périphériques (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne…), ça ne semblait pas si grave : après tout, ces États surendettés ne manifestaient-ils pas la sénescence de la Vieille Europe, frappée d’une paralysie la rendant incapable de surfer sur la vague de la reprise économique mondiale ? Il fallait laisser ce vieillard malade s’éteindre doucement tandis qu’un soleil radieux se levait ailleurs. Mais voilà : en début de semaine, l’agence de notation Standard & Poors a abaissé à « négative » la perspective d’évolution de la note des États-Unis. En 2011, leur déficit budgétaire devrait atteindre les 1 400 milliards de dollars, près de 9,8% du PNB (malgré une croissance à 3,3%), et leur dette publique approcher les 15 000 milliards, c’est-à-dire le seuil psychologique de 100% du PIB (en 2010, elle dépassait les 13 000 milliards de dollars, soit plus de 90% du PIB).
Standard & Poors a lancé une sévère mise en garde : « Il y a un risque réel que les responsables politiques américains ne parviennent pas à un accord sur la façon de répondre aux difficultés budgétaires à moyen et long terme d’ici à 2013; s’il n’y a pas d’accord [entre démocrates et républicains] et qu’une mise en œuvre significative n’est pas lancée d’ici là, cela rendrait à notre avis le profil de risque des États-Unis significativement plus faible que celui des autres pays AAA ».

L’Amérique, clé de voûte de l’économie mondiale

Ce qui se joue là est d’une importance majeure. Malgré l’émergence des économies du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), celle des États-Unis occupe encore une place centrale : c’est la clé de voûte de l’économie mondiale ; quand celle-ci s’effondre, tout l’édifice s’effondre. Quand George W. Bush arriva au pouvoir, fin 2000, le déficit budgétaire s’élevait à 4 000 milliards de dollars. Huit ans plus tard, en quittant la Maison Blanche, il laissait un déficit de 8 000 milliards de dollars, notamment à cause de la guerre en Irak. Les plans de relance liés à la crise des subprime portent le déficit à bientôt 15 000 milliards de dollars. Le surendettement public américain galope comme un cheval fou. Le statut de « meilleur emprunteur » des USA sera caduc dans les toutes prochaines années, quand ils auront perdu leur triple A. Cela fera l’effet d’une bombe atomique. Les Bons du Trésor américain ne vaudront plus grand-chose, le dollar ne sera plus la monnaie de référence.

Aux États-Unis, l’automne s’annonce orageux

Déjà, l’orage étasunien s’annonce pour l’automne prochain. La crise budgétaire va bientôt contraindre l’État fédéral (et les États fédérés) à une politique d’austérité qui paralysera des pans entiers de l’économie américaine. Celle-ci est beaucoup plus keynésienne qu’on ne le croit souvent. Dans un système keynésien, un soudain retrait de l’État produit un effet de sidération sur l’économie. La crise des Bons du Trésor américains fera partie de la tourmente qui s’annonce. Et aussi celle du dollar, déstabilisé par l’arrêt du Quantitative Easing 2 en juin prochain.
Cela interviendra dans un contexte mondial défavorable. L’équilibre des finances publiques dans le monde reste « très aléatoire », comme l’a dit le FMI mardi dernier : en 2011, « le ratio moyen entre dette publique brute et PIB dépassera la barre des 100 % pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » et « les besoins de financements bruts atteindront des niveaux records ». Ceci malgré les politiques d’austérité mise en œuvre par de nombreux États. Les taux d’intérêt vont monter. L’économie mondiale sera violemment secouée. La crise américaine aura des répercussions sur les banques centrales, les grands réseaux bancaires, les sociétés multinationales, les fonds de pension… Les pays exportateurs verront leurs débouchés américains se restreindre drastiquement. Les ondes de choc sur l’économie mondiale seront multiples.

Au-delà des États, il n’a aura plus de recours

Ainsi, la crise économie mondiale aborde inexorablement une deuxième phase : la faillite des États, dont leur numéro un, les États-Unis, superpuissance mondiale. Ce phénomène va prendre à rebours l’optimisme suscité par la reprise économique liée aux plans de relance qui, pourtant, dans les pays occidentaux, est faible par rapport à l’ampleur des injections de liquidités effectuées pour redynamiser la croissance.
Pour sauver les banques, on a chargé les mules étatiques. C’est à leur tour de défaillir. Au-delà des États, il n’y aura plus de recours : plus rien ne s’opposera à la terrifiante logique purgative de la crise.

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9 avril 2011
La mission impossible du soldat de la paix
Posted by Laurent Artur du Plessis under Choc Islam-Occident, Libye | Tags: 4×4 Toyota, bavures, boucliers humains, chars, conflit afghan, conflits, crise économique, forces spéciales, hélicoptères, insurgés, Kadhafi, Karzaï, lance-grenades, lance-roquettes, Libye, missiles sol-air, rebelles, Soldat de la paix, talibans |
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Il est impossible aux forces occidentales engagées en Libye d’éviter les bavures : le 1er avril, 9 rebelles et 4 civils tués par l’aviation occidentale qui a essuyé des tirs de joie de mitrailleuse à balles traçantes : le 7 avril, 2 insurgés tués et une dizaine de blessés, un char rebelle ayant été détruit par l’aviation occidentale qui l’a pris pour un blindé des forces loyales à Kadhafi. En outre, les tirs de missiles sur les centres de communication et autres installations stratégiques de l’armée de Kadhafi, souvent situés au cœur des villes, ont forcément fait des victimes parmi les civils du proche voisinage.

Les civils, boucliers humains

Des bavures, il pourrait y en avoir beaucoup plus, vu les conditions de cet engagement militaire. D’autant que les forces de Kadhafi se sont adaptées, en se déplaçant avec des 4×4 Toyota semblables à ceux des insurgés et des véhicules civils. Leurs chars roulent la nuit. Les militaires loyalistes se font souvent accompagner de civils qui leur servent de boucliers humains. Il est d’autant plus difficile pour l’aviation occidentale d’identifier ses cibles qu’elle ne peut voler à basse altitude à cause des tirs possibles de missiles sol-air. Les militaires kadhafistes s’embusquent dans les villes, au milieu des civils. Leurs chars et leurs camions lance-roquettes sont embossés dans des cours, des ruelles. Les hélicoptères, qui pourraient les attaquer avec précision, ne peuvent cependant pas être utilisés car ils seraient vulnérables aux mitrailleuses doubles ou quadruples de calibre 13,87 millimètres de fabrication russe, aux lance-grenades antichars portatifs…

Faire la guerre, mais pas à fond

Voilà l’impossible mission du « soldat de la paix » : il doit faire la guerre, mais pas à fond. Aussi la fait-il mal. Faire la guerre à fond implique forcément des bavures sur les civils et aussi les combattants alliés. Cela implique aussi l’engagement de troupes au sol (pas seulement des forces spéciales) pour compléter l’action aérienne. Aussi le conflit libyen s’enlise-t-il. Les rebelles, inexpérimentés, inorganisés et mal armés, piétinent.

Soldat de la paix : un concept chimérique

Cela fait écho au conflit afghan, en ce sens que les forces occidentales y sont, là aussi, handicapées par les impératifs de la guerre humanitaire. Chaque « dommage collatéral » y est monté en épingle par les talibans et le gouvernement Karzaï. Les insurgés utilisent fréquemment les villageois comme boucliers humains. D’où une extrême retenue des Occidentaux dans la conduite de leurs opérations aériennes et terrestres qui en réduit l’efficacité.
L’Occident ne pourra pas continuer éternellement à se lancer dans des guerres – fort coûteuses – en se liant les mains. En ces temps de crise économique et de multiplication des conflits, le concept de soldat de la paix est appelé à être remis en question. C’est un concept chimérique, en forme d’oxymore – un soldat a vocation à faire la guerre – qui deviendra de plus en plus inapplicable.

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2 avril 2011
Libye : les djihadistes se cachent derrière les progressistes
Posted by Laurent Artur du Plessis under Choc Islam-Occident, Libye | Tags: A Qaida, Afghanistan, amiral James Stavridis, Ben Laden, Benghazi, Darnah, djihadistes, Irak, kamikaze, Libye, missiles sol-air, OTAN |
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L’amiral américain James Stavridis, commandant des forces de l’OTAN en Europe, a confié, devant le sénat américain, ses « soupçons » sur la présence de djihadistes parmi les insurgés. Des soupçons, il y a de quoi en avoir… La Libye est depuis 30 ans grande pourvoyeuses de djihadistes. Les siens prirent une part importante à la guérilla antisoviétique en Afghanistan dans les années quatre-vingt, où ils acquirent une solide expérience militaire. Ils continuèrent à briller en Irak, où ils constituèrent le plus important contingent de djihadistes étrangers après les Saoudiens, et les plus disposés à l’action kamikaze.
Les villes libyennes de Darnah et Benghazi, épicentres de la rébellion antikadhafiste, sont des foyers de l’islamisme radical. Au milieu des années quatre-vingt-dix, elles furent le théâtre de soulèvements intégristes violemment réprimés par Kadhafi. Les libyens jouent un rôle important au sein d’Al Qaida : Abou Yaya en est le n°3, et Abou Laith, l’un des plus importants chefs militaires. En novembre 2007, Ben Laden a adoubé la Jama’ ah al-libiyah al-muqatilah, succursale libyenne d’Al Qaida.

Main basse sur des missiles sol-air

Les djihadistes de la rébellion libyenne ont l’habileté politique de ne pas s’afficher en tant que tels face aux médias. Mais ils reçoivent des encouragements de l’étranger, tels ceux d’Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), formulés dans ce communiqué du 24 février : « Nous déclarons notre soutien et notre aide à la révolution libyenne et à ses demandes légitimes, et nous assurons notre peuple en Libye que nous sommes avec vous et que nous ne vous laisserons pas tomber ». Les rebelles islamistes libyens profitent des occasions qui se présentent. Ainsi, ils ont acheminé vers le sanctuaire islamiste du Ténéré, au Tchad, des armes – parmi lesquelles des missiles sol-air – abandonnées par des militaires kadhafistes en déroute.
Armer la rébellion libyenne ? Ce serait armer son noyau dur, les djihadistes islamistes. Ils retourneraient contre l’Occident les armes qu’il leur fournirait, comme après la guerre d’Afghanistan des années quatre-vingt.