La crise systémique et la 3ème guerre mondiale ont-elles été voulues et organisées?

Posted on 02/12/2011

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Documentaire: City de Londres, la finance en eaux troubles

16/10/2011 – Documentaire – City de Londres, la finance en eaux troubles – FranceTV – « La City contrôle l’Angleterre » Mais qui contrôle la City? A Londres, la première place financière du monde a assis son leadership sur un système «offshore», qui favorise l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent. Plus de la moitié des fonds internationaux transitent par la City, à Londres, et près de 80% des actifs des «hedge funds» européens y sont brassés. Ce leadership, la City le tient de son savoir-faire et de sa réputation. Avec la bénédiction de Westminster, la place financière a essaimé ses ramifications à travers le monde en créant des satellites offshore, qui pratiquent souverainement le secret bancaire et la soustraction d’impôts. Gibraltar, les îles Vierges, les îles Caïmans, les Bermudes, les îles Anglo-Normandes : près de la moitié des paradis fiscaux du monde battent pavillon britannique. A Londres, un bataillon de banquiers, fiscalistes et juristes s’affairent pour construire des montages via ces territoires plus avantageux fiscalement et moins contraignants juridiquement.

Goldman Sachs – Les nouveaux maîtres du monde – Canal plus
14/11/2011 – Documentaire – Les nouveaux (?) maîtres du monde – Canal+ – Comment Goldman Sachs, petite maison de courtage fondée en 1869 par un immigré allemand, est-elle devenue la banque d’affaires la plus puissante du monde ? Ce documentaire plonge au coeur de l’une des plus grandes institutions de Wall Street et lève le voile sur les méthodes de la finance mondiale. La première chose que l’on apprend chez Goldman Sachs c’est que l’on ne doit pas parler de Goldman Sachs. Les anciens ont peur. Les stagiaires se cachent. Depuis décembre 2006, les banquiers de Goldman Sachs savaient qu’une crise financière se préparait et en ont profité. Les Américains, eux, en ont subi les conséquences et commencent à se réveiller.
26/09/2011 – Alessio Rastani – « C’est Goldman Sachs qui dirige le monde et non les politiques » – Interview BBC « Il va y avoir un krach et la chute sera violente – Absolument personne ne croit aux plans de sauvetage, ils savent que le marché est cuit et que la bourse est finie – Les traders se foutent de comment on va redresser l’économie, notre boulot est de faire de l’argent avec cette situation – Je me couche tous les soirs en rêvant d’une nouvelle récession – En 1929 quelques personnes étaient préparées à faire de l’argent avec le krach et tout le monde peut faire cela aujourd’hui, et pas seulement les élites – Cette crise économique est comme un cancer – Préparez vous ! Ce n’est pas le moment d’espérer que les gouvernements règlent les problèmes. Les gouvernements ne dirigent pas le monde, c’est Goldman Sachs qui dirige le monde. Cette banque se fiche des plans de sauvetage – Dans moins de 12 mois je prédis que les économies de millions de gens vont disparaitre, et ce ne sera que le début… »

15/09/2011 – Cours d’économie et d’apocalypse par le Rav Ron Chaya (extrait de la vidéo « sauve qui peut » – Leava) « J’ai un élève qui était dans la finance et qui a arrêté et qui à un copain, un grand économiste invité à la TV et à la radio dans des émissions en Suisse. Il dit « Investissez dans ci, investissez dans ça » et mon élève lui demande: « Et toi ? Entre nous dans quoi tu investis? » « Moi? Dans les pièces d’or » « Les pièces d’or? C’est mieux les lingots non? » « Non. Quand tu devras acheter du pain et du lait, tu pourras pas les acheter avec des lingots, il faudra des pièces d’or » « Pourquoi alors tu mens aux gens? » « Parce que si je ne dis pas que tout va bien ils me tuent, c’est des grands trusts économiques tu comprends? »

13/06/2011 – Jean-François Gayraud pour le livre « La grande fraude »

29/01/2011 – Paul Jorion – Les Usa désignent les responsables de la crise

15/11/2011 – Goldman Sachs, le trait d’union entre Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos

Qu’ont en commun Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos ? Le nouveau président de la Banque centrale européenne, le président désigné du conseil italien et le nouveau premier ministre grec appartiennent à des degrés divers au « gouvernement Sachs » européen. La banque d’affaires américaine a en effet tissé en Europe un réseau d’influence unique sédimenté depuis des lustres grâce à un maillage serré, souterrain comme public.

A tout concours, il faut une hiérarchie. Le premier prix revient bien sûr à Mario Draghi, vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005. Nommé associé, il est chargé des « entreprises et pays souverains ». A ce titre, l’une des missions est de vendre le produit financier « swap » permettant de dissimuler une partie de la dette souveraine, qui a permis de maquiller les comptes grecs. Vient ensuite Mario Monti, conseiller international depuis 2005. Arrive en troisième position Lucas Papadémos, qui vient d’être nommé premier ministre de la Grèce, qui fut gouverneur de la Banque centrale hellénique entre 1994 et 2002, qui a participé à ce titre à l’opération de trucage des comptes perpétré par GS. Le gestionnaire de la dette grecque est d’ailleurs un certain Petros Christodoulos, un ex-trader de la firme.

Deux autres poids lourds tiennent le haut du pavé dans la défenestration de l’euro, Otmar Issing, ex-président de la Bundesbank et Jim O’Neill, l’inventeur du concept des BRICS, l’acronyme désignant les marchés émergents à fort potentiel de croissance (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l’un des administrateurs, l’Irlandais Peter Sutherland a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l’Irlande. Enfin, Paul Deighton, qui a passé 22 ans chez Goldman Sachs, est directeur général du comité organisateur des Jeux olympiques de Londres en 2012. La lanterne rouge car chacun sait que le sport comme l’amitié est hors concours.

Pourtant, au-delà des apparences, le réseau d’influence qui a fait sa puissance avant ou pendant la tourmente politique financière de 2008 a perdu de son efficacité. En effet, les complicités anciennes entretenues par les ex-banquiers centraux chevronnés mobilisés pour tirer les ficelles se révèlent moins utiles face à des politiciens sensibles à l’impopularité des professionnels de la finance tenus pour responsables de la crise. Là où Goldman Sachs pouvait facilement exercer ses talents, une série d’affaires – la Grèce, la spéculation contre l’euro, le scandale Abacus auquel a été mêlé le goldmanien français Fabrice Tourre – lui ont mis à dos la puissance publique.

Le carnet d’adresses est utile mais ne suffit plus à lui tout seul sur une planète financière complexe et technique et face à une nouvelle génération d’industriels moins pétris de respect pour l’establishment. Les patrons européens partis à la conquête du monde se sont émancipés des croisés de la haute finance style Goldman Sachs. La quête de valorisation de l’actionnaire, les exigences de transparence des comptes et les impératifs de l’expansion à l’étranger émoussent l' »effet réseau ». Enfin, devenus plus exigeants sur la qualité et l’indépendance du métier de conseil, les clients européens, mais pas seulement, exigent le respect d’un minimum d’éthique.

Et c’est là que le bât blesse à propos de Goldman Sachs. Car la banque aime placer ses hommes sans jamais laisser tomber le masque. C’est pourquoi ses hommes liges cachent cette filiation quand ils donnent une interview ou mènent une mission officielle (comme ce fut le cas de Monti qui s’est vu confier en 2010 une étude sur le marché unique européen par le président de la Commission, José Manuel Barroso).

Mario Draghi affirme qu’étant entré en fonction en 2002, il n’a rien eu à voir avec le maquillage des comptes grecs orchestré deux ans plus tôt par la banque. Et il a démissionné en 2005, soit un an avant que Goldman Sachs ne revendre une partie du « swap » en question à la National Bank of Greece, la première banque commerciale du pays, dirigée par un ancien Goldmanien, Petros Christodoulos, aujourd’hui responsable de l’organisme gérant la dette grecque.

Marc Roche – Le Monde

27/09/2011 – Alessio Rastani – « C’est Goldman Sachs qui dirige le monde et non les politiques »

Un homme présenté comme trader à Londres a provoqué mardi un buzz sur internet en affirmant qu’il « rêvait » toutes les nuits d’une récession, des propos qui ont suscité l’indignation mais aussi des interrogations sur l’identité du jeune individu.

L’interview d’Alessio Rastani, lundi à la télévision BBC, a été visionnée par plus de 360.000 personnes sur internet, mais ses propos correspondent tellement aux stéréotypes des traders que des rumeurs circulaient sur la possibilité qu’il s’agisse d’une supercherie.

« J’ai une confession à faire: je vais au lit tous les soirs, et je rêve d’une autre récession (…). Personnellement, j’ai rêvé de ce moment depuis trois ans », a déclaré Alessio Rastani sans ambages.

Interrogé sur la réponse des dirigeants à la crise de l’euro, le jeune homme de 34 ans a déclaré que les traders « se foutent » de l’euro. « La plupart des traders se fichent de savoir comment (…) la situation va être résolue. Notre boulot, c’est de faire de l’argent », a-t-il affirmé.

« Les gouvernements ne dirigent pas le monde. Goldman Sachs (banque d’affaires américaine) dirige le monde. Goldman Sachs s’en fiche de ce plan de sauvetage, tout comme les importants fonds spéculatifs », a-t-il assuré.

Les commentaires de M. Rastani, présenté comme un trader indépendant par BBC, ont provoqué de nombreuses réactions.

« Cela me semble immoral et amoral », a réagi la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado. « Le trader qui a soulevé le couvercle sur ce que la City pense vraiment », a titré The Independent.

Certains médias ont avancé que M. Rastani pourrait être un membre de Yes Men, un groupe basé aux Etats-Unis qui avait reconnu sa responsabilité dans une info bidon reprise par la BBC en 2004, selon laquelle la société Dow Chemical allait indemniser les victimes du désastre de Bhopal en Inde en 1984.

Mais Yes Men a démenti être cette fois impliqué, et dans une interview mardi au magazine financier Forbes, M. Rastani a insisté sur le fait qu’il était un trader travaillant à son compte.

La BBC a aussi assuré avoir mené une « enquête détaillée » sur le jeune homme et n’avoir pas rien trouvé laissant penser qu’il n’était pas trader.

Goldman Sachs, citée par M. Rastani, s’est refusée à tout commentaire.

AFP

25/09/2011 – Interview intégrale de Wolfgang Hetzer dans le journal Die Welt pour le livre « Mafia financière » (06/06/2011)

Wolfgang Hetzer est haut fonctionnaire anti-corruption de l’UE

M. Hetzer, pourquoi ce sujet de la crise financière [lié à la corruption]?

Lorsque le Premier ministre grec Giorgos Papandreou était en Allemagne, il a déclaré que son pays est dans cette difficile situation parce que la corruption est largement répandue en Grèce. Je précise toutefois que mon livre « la mafia financière » n’est lié en aucune façon avec mes fonctions officielles. J’exprime des opinions personnelles qui ne sont endossées par la Commission Européenne en aucune façon.

Vous avez dit que la crise financière internationale n’a pas été une fatalité.

Cette crise n’est certainement pas une catastrophe naturelle. Ce n’est pas une sanction divine. Ce n’est pas une malédiction satanique, mais elle a ses racines dans des conduites et des défaillances humaines. A ces conduites appartient, généralement parlant, la liberté des paris sur les produits financiers hautement spéculatifs tels que les dérivés. Et côté défaillance, parmi beaucoup d’autres, le contrôle défectueux des activités ou encore l’incapacité d’établir une structure efficace de surveillance.

A qui jetez vous la pierre, plus exactement ?

Il y a les coupables dans l’industrie financière, afin de continuer à conclure des paris. Et il y a leurs soutiens dans la politique qui leur ont permis ces paris et les ont laissés ne prendre aucune mesure affectant le périmètre accessible aux banquiers d’investissement. La liste des transgressions de la politique est longue.

Nommez en donc quelques unes

La politique a permis aux entreprises financières de ne pas inscrire toutes leurs opérations dans le bilan, et de les cacher. Elle a admis que les banques ne disposent pas de suffisamment de fonds propres en face des risques qu’elles avaient pris. Il n’y a pas eu de limite quant aux opérations sur compte propre des institutions financières avec leurs produits financiers alors que cela aurait été nécessaire. Les politiciens ont admis que les risques de crédit soient transférés jusqu’à 100 pour cent. Et assez souvent ils laissent letravail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes.

Vous voulez dire que les politiciens se font conseillés/influencés ?
Et bien plus que ça. Pensez à la Loi sur la modernisation des investissements [instruments financiers], à la Loi sur la stabilisation des marchés financiers et à la Loi d’accompagnement qui lui est relative [?]. Il s’est fait là une forme particulièrement piquante de privatisation. Parce que évidemment plus l’expertise nécessaire dans la bureaucratie gouvernementale est absente, plus le gouvernement laisse diriger ce projet de loi par les avocats de l’industrie financière. C’est que la politique délègue son cœur de métier principal, à savoir l’expertise dans l’élaboration de la législation. Et il faut pour cela faire payer les contribuables aussi.

La politique serait ainsi le soutien docile des spéculateurs?

Encore pire. La politique s’est laissée balader sur la scène mondiale par l’industrie financière comme si on la tirait par un anneau dans le nez. L’industrie financière a placé ses intérêts par paquets de milliards dans la politique. C’est bien à cette conclusion qu’est parvenue la Commission du Congrès américain quand elle a tenté d’établir les circonstances qui ont mené à la crise financière.

Dans votre livre « mafia financière » vous vous plaignez d’une « culture dominante de la corruption ». Que voulez-vous dire?

J’entends par là que les pratiques de corruption dans la sphère [?] économique et dans la politique semblent de plus en plus présentes. La rationalité économique a abdiqué. les contre-pouvoirs [Fachzwänge ?] ont été suspendus. Au lieu de cela, une politique d’intérêt à sens unique a été établie.

Comment doit-on se représenter cela?

Le monde financier suit la logique de la mafia, qui est de suivre le maximum de profit avec le minimum de risques. Cela signifie que tous les moyens sont utilisés, dans un but [promesse?] d’efficacité , comme à travers des contacts dans les entreprises, le gouvernement et la politique. L’idée que la mafia vraiment dangereuse est celle caractérisée par la violence, est naïve. Leur menace majeure est leur influence, leur pouvoir par les liens qu’ils construisent, la façon qu’ils ont ainsi de corrompre lois économiques à leur propre avantage, de les faire dysfonctionner ou ne pas entrer en vigueur [quand ça les gênerait]. Telle est la logique de la mafia.

Qui compose ces mafia financières?
Ce sont des gens qui appartiennent à toutes les institutions financières, toutes les banques d’investissement dans la mesure où elles œuvrent exclusivement pour leur propre bénéfice à vendre des produits [structurés] et aux limites de la trahison des parties [clients ?] – alors qu’elles parient en même temps sur leur baisse -. Pourquoi pensez-vous que le procureur général de New York s’en prend à la Deutsche Bank ? Parce qu’ils n’ont pas agi sur le marché immobilier comme aurait du le faire une Banque honorable.

Quel rôle ont joué des gens comme le chef de la direction de la DB Josef Ackermann lors de la crise financière?

Ackermann a le pouvoir plutôt deux fois qu’une. Et une grande puissance que vous pouvez percevoir en lisant le bilan de sa banque. Et parce que c’est le cas, son rôle pourrait être quelque peu comparé à celui de l’ex-président de la Fed Alan Greenspan. Que Greenspan sourie, et c’était, selon les besoins, interprété de toute façon. Peut-être qu’il ne savait pas pourquoi il sourit. Et si Ackerman dit quelque chose sur la Grèce ou l’euro, alors tous l’écoutent attentivement. Il est puissant en vertu de sa fonction.

Quelles sont les motivations au sein de la mafia financière?
C’est l’avidité qui les anime. La cupidité et l’auto-privilège. Par cette auto-privilège [prise d’intérêt] et avec des « bonnes volontés » en réalité achetées, se créé un milieu dans lequel la participation réussie à des orgies d’enrichissement devient le seul but de l’action. Qui n’a apporte pas à ce moulin un ego correspondant ne s’élève pas dans les cadres du monde financier. Ce sont des gens qui veulent comparer en continu et qui ont une notion pervertie du succès, sinon il y a certaines choses qu’ils n’auraient pas faites.

Un malade, il a besoin d’aide …

Ces gens ne sont probablement plus sensibles à rien. Avec la mondialisation, ils sont capables de manœuvrer autant de grands gouvernails [barre Räder] qu’ils peuvent se prendre pour le bon Dieu. PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a dit littéralement: « Nous faisons le travail de Dieu. » Malheureusement, ils n’ont pas une seule pensée pour tout ce qu’on pourrait faire de sensé avec tout cet argent.

Comment est-on parvenu à un tel état?

Parce que nul ne s’oppose à ces personnes. Parce que la politique volontairement se livre à leur emprise, l’électeur, de son coté, fait ses adieux à la politique. Nous nous retirons dans la sphère privée, nous nous résignons et nous lamentons que « ceux d’en haut » de toute façon, font ce qu’ils veulent. C’est une attitude qui a toujours fréquemment conduit à des catastrophes auparavant.

Mais encore?

La situation s’aggrave. Que se passerait-il si la Grèce ne paie pas la fin de Juin ses fonctionnaires?
Quelles sont les alternatives entre la faillite de l’Etat et la poursuite des programmes d’aide? En Grèce, et en Espagne le mécontentement grandit. On ne croit plus les politiciens. Les gens voient parmi les élites le règne d’une culture kleptocratique. Ils se sentent trahis par des cliques menteuses [versager?] en politique et en économie.

L’état est-il vraiment victime ou complice?

Norbert Bluem a déclaré que l’Etat est maintenant comme un guetteur[Schmierensteher?] de joueur de casino. Et maintenant, ce guetteur doit faciliter, lubrifier les activités du joueur. Il est le garant de milliards de pertes. Il obtient les factures présentées. Et les banques allemandes et françaises ne craignent rien de plus que la faillite nationale des Grecs , parce qu’ils seraient obligé de mettre une croix sur de grosses créances et d’encaisser de lourdes pertes. Ainsi, les recettes fiscales qui sont encore bonnes en Allemagne seront utilisées pour renflouer ceux-là même qui sont responsables de la situation dans laquelle ils nous ont coincés.

Nous allons donc sauver les banques encore une fois ?

Tout à fait. Tout l’argent dont nous avons besoin pour des besoins sociaux urgents, est maintenant utilisé pour payer les intérêts dus aux banques. Mais de cela on ne parle évidemment pas avec la clarté qui conviendrait.

Pourquoi n’y a-t-il pas de débat politique sur la responsabilité?

Sur ce point, je n’ai pas d’explication. Au contraire, on laisse filer les machinations de la mafia financière, qui pour moi ont leur propre obscénité, haussant loin [achselzuckend hinweg, et cela porte loin ?]. Ainsi des millions de gens voient leurs chances dans la vie trahies, leur avenir trompé. Ce qu’on a fait est un déni d’existence [existenzvernichtend] pour des sociétés entières. Mais il demeure impuni.

Timotia

30/08/2011 – Laurence Parisot dénonce un complot américain contre l’Europe

L’activité économique semble connaître un coup de frein brutal. Comment l’expliquez-vous?

Le ralentissement est dû à la rencontre de deux séries de causes: aux États-Unis, une situation économique et politique qui se dégradait; en Europe, des États qui franchissaient la ligne rouge en terme d’endettement. Une fois ces difficultés surmontées, nous retrouverons une croissance vive et créatrice d’emplois mais il ne faut pas se tromper dans l’analyse de ce que nous avons vécu cet été.

La situation s’est tendue quand la Chine a commencé à faire la leçon aux États-Unis sur leur dette. Les Américains ont sans doute voulu alors repasser le mistigri à l’Europe. On a assisté à une sorte de guerre psychologique et à une tentative de déstabilisation de la zone euro. Les marchés ont surréagi, étant par nature très sensibles aux rumeurs, même organisées. La morale de l’histoire, c’est que nous ne devons pas être naïfs et tomber dans le panneau de l’autodisqualification: si l’Europe a été attaquée, ce n’est pas parce qu’elle est faible mais parce qu’elle est forte, et si elle est enviée, c’est parce qu’elle est enviable.

Qui serait à l’origine de ce complot?

Je parlerais plutôt d’une «orchestration» outre-Atlantique des difficultés de l’Europe. Voyez les rumeurs sur les banques françaises, qui se sont diffusées immédiatement alors qu’elles étaient absolument infondées. Nos banques sont parmi les plus solides au monde. Des unes de médias américains an­­­nonçaient pourtant la mort de telle ou telle et même la fin de la zone euro. Nous sommes passés d’attaques sur l’Espagne à des attaques sur l’Italie, puis sur la France, jusqu’à des rumeurs de dégradation de l’Allemagne la semaine dernière! Quand des publications américaines très lues par les investisseurs et les analystes financiers titrent sur de fausses annonces dramatiques, des questions se posent.

L’accumulation des dettes des États est pourtant une réalité…

Certes. Les dettes ne sont plus tenables. Elles doivent être résorbées au plus vite. Comme le montrent les mesures prises la semaine dernière, le gouvernement n’a pas tardé à entendre l’avertissement.

Vous êtes donc favorable à la règle d’or de retour à l’équilibre budgétaire?

Le principe d’une règle d’or consoliderait la réputation de notre pays et faciliterait le travail de n’importe quel gouvernement. De nombreux pays s’y engagent, il serait étrange que nous Français n’en soyons pas capables.

Dix milliards de prélèvements supplémentaires pour un milliard d’économies de dépenses, est-ce la meilleure façon de lutter contre les déficits?

Il fallait ajuster rapidement la situation, le gouvernement l’a fait. Mais vous avez raison, cela ne suffira pas, et l’État doit aussi accélérer la baisse de ses dépenses. L’idéal serait un ratio de 1 à 2: deux fois plus d’économies sur les dépenses que de hausse sur les recettes sociales et fiscales. Des mesures comme la réforme des retraites et le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux vont dans ce sens. Aller plus loin suppose d’autres réformes structurelles: se concentrer sur les collectivités locales et y décliner la RGPP; travailler aussi sur la santé, notamment l’hôpital public (pourquoi facture-t-il plus à l’assurance-maladie que le secteur privé pour les mêmes prestations?); enfin, développer partout les partenariats public-privé et les délégations de service public. Ces voies ont l’immense avantage de ne pas toucher à notre modèle social.

François Fillon a-t-il eu la «PME attitude» que vous ne cessez de prôner dans son plan antidéficit?

Il s’est en effet montré attentif aux petites entreprises mais on doit faire encore plus. Parmi les TPE-PME-ETI d’aujourd’hui se trouvent des entreprises du CAC 40 de 2030: elles doivent bénéficier du meilleur environnement possible pour pouvoir grandir. C’est pourquoi nous appelons à un vaste programme pour délégiférer et déréglementer le système juridique qui enserre jusqu’au cou les petites et moyennes entreprises. Il faut aussi alléger leur fiscalité. Il est choquant que l’impôt sur les sociétés (IS) acquitté effectivement par les TPE-PME soit (par rapport à l’excédent d’exploitation) de l’ordre de 39% contre 19% pour les grandes entreprises. Entre autres raisons, ces dernières déduisent de leur résultat les intérêts d’emprunts, tandis que les TPE-PME le font peu du fait de leur moindre capacité à emprunter. C’est la double peine! Il existe aussi un taux réduit d’impôt sur les sociétés (15%) pour les entreprises dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 7,6 millions d’euros. Le Medef demande que ce plafond soit relevé à 10 millions.

Seize grands patrons se sont dits prêts la semaine dernière à être taxés plus. Approuvez-vous la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus qui va être instituée?

On voit des revenus très élevés chez les sportifs, les acteurs, les professions libérales: ce n’est pas un sujet spécifique à quelques chefs d’entreprise. Je comprends le principe d’une taxe particulière à un moment exceptionnel, mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt et faire oublier la nécessaire modération des rémunérations des dirigeants. Par ailleurs, ne confondons pas tout. Il y aurait de la démagogie à comparer l’incomparable et à mettre dans le même sac des revenus annuels de 250 000 euros et de 2,5 millions d’euros. Veillons à ce qu’à l’avenir une évolution du seuil n’affecte pas les classes moyennes, y compris les classes moyennes supérieures, qui sont le moteur de l’économie.

L’intégration des heures supplémentaires dans le calcul des allégements de charges sur les bas salaires ne risque-t-elle pas de renchérir le coût du travail et de détruire des emplois peu qualifiés?

Il y a bien sûr dans ce plan des mesures qui nous plaisent moins que d’autres. Nous déplorons aussi le passage du forfait social de 6 à 8%: il pénalise l’intéressement et la participation que nous voulons encourager. Mais l’ensemble s’inscrit dans une claire logique de désendettement et cela, nous le saluons.

Êtes-vous inquiète de l’évolution du chômage dans les mois à venir?

Nous pouvons enrayer la récente dégradation. En comprenant que dans les TPE-PME réside le plus grand potentiel d’emplois et en le favorisant. En travaillant sur la meilleure employabilité des demandeurs d’emploi, en intégrant les fortes mutations des métiers, en adaptant en temps réel les formations.

L’emploi se précarise avec la multiplication des temps partiels, des CDD… Comment y remédier?

Dans le cadre de l’accord sur l’assurance-chômage signé en début d’année, nous allons créer avec les organisations syndicales un groupe de travail sur les évolutions des modes d’indemnisation. Nous avons aussi prévu une délibération sociale sur le marché du travail. Je souhaite faire converger ces réflexions pour améliorer l’ensemble emploi-assurance-chômage-formation. Les procédures qui entourent le contrat de travail doivent encore progresser: telles quelles, elles sont bloquantes par leur longueur et leur juridisme excessif. La peur de l’embauche est le problème numéro un des entreprises. Il faudrait réaliser avec les ruptures collectives le travail que l’on a accompli avec les ruptures individuelles. On ne dit pas assez que la rupture conventionnelle a installé pour la première fois en France la «flexisécurité» et que tout le monde y gagne.

Quel est le menu de vos négociations avec les syndicats au second semestre?

La priorité dans les jours qui viennent est de mettre en œuvre les accords patronat-syndicats du premier semestre sur l’emploi des jeunes. Nous poursuivrons aussi les négociations sur la valeur ajoutée et la modernisation du paritarisme. Nous lancerons également des délibérations sociales sur le bien-être au travail et l’égalité professionnelle homme-femme, dans laquelle nous inclurons le congé paternité.

Quelle sera votre stratégie pour faire passer vos idées pendant la campagne présidentielle?

En 2007, nous avions publié un livre, Besoin d’air, qui a marqué la campagne. Nous préparons «Besoin d’air 2» qui sortira début janvier. «Besoin d’air 2» proposera des réformes structurelles mais surtout portera un grand projet européen. Il y a quelque temps encore, il arrivait que je rencontre des chefs d’entreprise qui reconnaissaient avoir voté non au traité de Maastricht; aujourd’hui, je vois ces mêmes chefs d’entreprise convaincus, enthousiastes et prêts à avancer résolument vers un fédéralisme européen économique et social. La France restera la France si, et seulement si, l’Europe est solidaire, unie et puissante.

Figaro

11/08/2011 – Et si la crise financière ne servait qu’à faire disparaitre les derniers services publics et à mater les salariés ?

Je ne suis pas le moins du monde un spécialiste des questions économiques et financières et je ne suis pas non plus un adepte de la théorie du « complot permanent » auquel les citoyens seraient confrontés…

Mais, au bout de ces onze jours de crise financière (si nous sommes au bout…) il m’est venu un soupçon que d’aucuns jugeront naïf : et si cette crise n’avait que deux fonctions, deux objectifs majeurs :

– Inciter les pays qui en possèdent encore, à se débarrasser définitivement de leurs derniers « services publics », à les vendre, qu’il s’agisse de réseau de transports, de distribution d’énergie, d’acheminement du courrier, de la santé, de la protection sociale, etc. Une vente qui les rendrait miraculeusement rentables au dépend du « service » rendu. La privatisation et la réduction des déficits font partie des conditions (au fait exigées par qui, exactement) pour « aider » des pays ou garantir leurs dettes. Dans les conditions imposées, je n’ai pas entendu parler, probablement que je ne suis pas assez attentif, d’augmentation des recettes auprès des entreprises et des banques imposée par la banque européenne, le FMI ou la Banque Fédérale américaine.

– Inciter les salariés à accepter de plus en plus de « souplesse » et de plus en plus de « flexibilité » pour reprendre ce mot étrange qui caractérise en fait un nouveau droit de licenciement plus expéditif. Et de moins en moins de protection sociale et d’indemnités de chômage.

Ensuite, sauf catastrophe pour des gens, des banques et des institutions qui pourraient se brûler en jouant avec le feu, tout redeviendra « normal », sauf pour les salariés et les retraités.

Aux économistes de dire si je fantasme ou si je pose deux bonnes questions.

Politis – Claude-Marie Vadrot

12/07/2011 – Livre: Finanz Mafia de Wolfgang Hetzer

Alors que la Grèce ne cesse de se débattre pour échapper à la faillite totale provoquée par l’énormité de sa dette, alors que les citoyens européens ont déjà payé cher la crise financière en sauvant les banques en 2008 et pourraient à nouveau devoir payer pour faire sortir l’Union de la crise de la dette européenne actuelle, Wolfgang Hetzer, conseiller anticorruption à l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), a accordé une entrevue au quotidien allemand Die Welt et dans laquelle il évoque une mafia financière qui a corrompu le monde politique.

La cupidité des financiers associée à la corruption des politiques a, selon lui, mené aux crises et menaces actuelles. Il n’est pas le seul à le penser. « Lorsque le Premier ministre grec Giorgos Papandreou était en Allemagne, il a déclaré que son pays est dans cette difficile situation parce que la corruption est largement répandue en Grèce », a-t-il déclaré.

« Les politiciens laissent le travail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes »

La crise a éclaté parce que les financiers ont agi avec cupidité, produisant des dérivés financiers hautement spéculatifs et dangereux. Mais rien ne serait arrivé si les politiques avaient pris des mesures. Il n’y a eu aucune surveillance. Le monde politique n’a pas limité le périmètre d’action des financiers. Il a laissé faire. « La politique a permis aux entreprises financières de ne pas inscrire toutes leurs opérations dans le bilan, et de les cacher. Elle a admis que les banques ne disposent pas de suffisamment de fonds propres en face des risques qu’elles avaient pris. Il n’y a pas eu de limite quant aux opérations sur compte propre des institutions financières avec leurs produits financiers alors que cela aurait été nécessaire. Les politiciens ont admis que les risques de crédit soient transférés jusqu’à 100 pour cent » explique au cours de l’interview Wolfgang Hetzer.

Aucune loi n’est venue brider les institutions financières. Et lorsque des lois ont été ou sont mises en place, ce sont les financiers eux-mêmes qui s’en chargent. « Les politiciens laissent le travail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes » observe le spécialiste anticorruption. L’expertise dans les administrations des Etats est de plus en plus absente, « la politique délègue son cœur de métier principal, à savoir l’expertise dans l’élaboration de la législation » ajoute M. Hetzer.

« La politique s’est laissée balader sur la scène mondiale par l’industrie financière »

On aurait donc un monde politique faible et sous contrôle : « La politique s’est laissée balader sur la scène mondiale par l’industrie financière comme si on la tirait par un anneau dans le nez. L’industrie financière a placé ses intérêts par paquets de milliards dans la politique. C’est bien à cette conclusion qu’est parvenue la Commission du Congrès américain quand elle a tenté d’établir les circonstances qui ont mené à la crise financière » estime le conseiller de l’Olaf.

La menace majeure de cette mafia: son influence

Et en face, une véritable mafia financière particulièrement puissante et dangereuse: « Le monde financier suit la logique de la mafia, qui est de suivre le maximum de profit avec le minimum de risques (…) L’idée que la mafia vraiment dangereuse est celle caractérisée par la violence, est naïve. Leur menace majeure est leur influence, leur pouvoir par les liens qu’ils construisent, la façon qu’ils ont ainsi de corrompre lois économiques à leur propre avantage, de les faire dysfonctionner ou ne pas entrer en vigueur [quand ça les gênerait]. Telle est la logique de la mafia » estime Hetzer.

« L’électeur fait ses adieux à la politique »

Et au milieu, le citoyen, lui, paie la note et n’y croit plus. « Parce que nul ne s’oppose à ces personnes. Parce que la politique volontairement se livre à leur emprise, l’électeur, de son côté, fait ses adieux à la politique. Nous nous retirons dans la sphère privée, nous nous résignons et nous lamentons que ‘ceux d’en haut’ de toute façon, font ce qu’ils veulent. C’est une attitude qui a toujours fréquemment conduit à des catastrophes auparavant » justifie le conseiller de l’Olaf.

Au bout de la crise de la dette, il y aura une facture. Et les citoyens devront payer. Ils devront payer pour les banques. « Les banques allemandes et françaises ne craignent rien de plus que la faillite nationale des Grecs, parce qu’ils seraient obligés de mettre une croix sur de grosses créances et d’encaisser de lourdes pertes. Ainsi, les recettes fiscales qui sont encore bonnes en Allemagne seront utilisées pour renflouer ceux-là même qui sont responsables de la situation dans laquelle ils nous ont coincés » expose Hetzer.

« Nous allons donc sauver les banques encore une fois ? », demande, en guise de conclusion de l’interview, le journaliste de Die Welt.

« Tout à fait », répond Wolfgang Hetzer. « Tout l’argent dont nous avons besoin pour des besoins sociaux urgents, est maintenant utilisé pour payer les intérêts dus aux banques. Mais de cela on ne parle évidemment pas avec la clarté qui conviendrait », conclut l’expert dans l’interview.

RtlInfo.be

24/06/2011 – Le Grand Orient de France contre « l’impérialisme des marchés »

Le Grand Orient, première obédience maçonnique en France, « s’inquiète » mercredi dans un communiqué, de la « sévérité des modes de gestion politiquement imposés à de nombreux pays pour résorber l’endettement public ».

L’obédience maçonnique, qui revendique 50.000 adhérents, « demande aux responsables politiques de ne pas céder à l’impérialisme des marchés ».

Pour le Grand Orient, ces modes de gestions « sont d’une sévérité telle qu’ils compromettent le maintien de la démocratie en Europe et dans le monde. Ils sont à terme source de violence, de replis communautaires, de montée des nationalismes ».

« Les règles européennes, précise le communiqué, imposent partout des politiques monétaires, budgétaires, fiscales, immobilières, salariales qui fragilisent les pactes sociaux des pays de l’Union. »

« Un véritable scénario de démantèlement est aujourd’hui enclenché. On voudrait nous faire croire que la seule issue institutionnelle en cas de crise reste le sauvetage des banques, des fortunes privées, et des rentes de situation quel que soit le prix à payer par les autres, notamment les jeunes ou la population défavorisée ».

Le Grand Orient de France se prononce « contre un dogme et une mystique quasi-religieuse de l’argent qui asservissent les peuples ».

« Une réappropriation politique et citoyenne des dérives économiques est possible, estime l’obédience. De nombreuses solutions existent pour sortir par le haut de la crise de l’endettement, en imposant notamment la recherche d’une réforme fondée sur l’information financière des peuples, la mise en place d’une déontologie en appliquant à la finance elle-même les principes de responsabilité et de solidarité ».

AFP