Comprendre la crise,Crise financiere : que faire ?

Posted on 28/11/2011

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La loi du profit

On entend souvent dire que le capitalisme est soumis à la loi du profit, alors qu’est-ce que ça veut dire exactement ?

Quand quelqu’un a de l’argent disponible et qu’il veut le placer, c’est à dire acheter des titres, du capital, il n’a pas cinquante motivations mais il en a une seule, c’est pour que ça lui rapporte, pour qu’il en tire du profit. Comprenons bien ici que le profit est l’unique motivation pour acheter du capital, c’est à dire en même temps pour financer l’économie.

Seulement, il y a des risques quand on place son argent, les actions peuvent chuter, les crédits peuvent faire défaut. D’ailleurs, plus les risques de défaut de crédit sont élevés, plus les taux d’intérêts montent, on le voit en ce moment avec les exemples de l’Irlande et de la Grèce. Si l’espoir de profit est insuffisant face aux risques encourus, et bien personne ne veut acheter des titres. Dans ce cas l’économie n’est plus financée et c’est la crise.

Le profit est donc absolument indispensable pour le fonctionnement de ce système. Le capitalisme est effectivement totalement soumis à la loi du profit.

D’ailleurs même les keynésiens savent que des contraintes trop fortes sur les profits entraînent des conséquences négatives qui risquent d’engendrer ou d’aggraver la crise et que, dans ce système, l’utilisation de ce genre de contraintes ne peut être que très limitée .

D’autre part, le capitalisme est un système où les entreprises sont soumises à une très forte concurrence, et cette loi du profit entraîne alors des conséquences très importantes.

Profits et concurrence

La concurrence entre les entreprises a pour premier effet de mettre la pression sur les profits, Pour maintenir, ou encore mieux, pour accroître ses profits, chaque entreprise va essayer de conserver ses parts de marché et même de les accroître. Comment ?

– elle va améliorer ses produits pour qu’ils soient plus attirants que ceux de la concurrence,
– elle va innover en trouvant de nouveaux produits et de nouvelles manières de produire
– elle va aussi essayer de baisser ses coûts de production, pour pouvoir vendre moins cher que la concurrence

Toutes ces pratiques pour la recherche du profit entraînent plusieurs conséquences. La première est très positive, et c’est là un des rares mais important côtés positifs du capitalisme, c’est que la recherche du profit entraîne une dynamique d’innovation et de développement technologique.

Par contre, ce qui coûte très cher aux entreprises, ce sont les salaires, l’achat de la force de travail et la recherche du profit conduit inévitablement à une volonté de réduire la masse salariale.

Si, dans leur recherche du profit, les entreprises focalisent sur la baisse des coûts de production, la réalité montre qu’elles sont par contre totalement indifférentes aux coûts sociaux et écologiques. Elles n’ont pas de scrupules à licencier ou à polluer si ça leur rapporte et les exemples ne manquent pas. Elles n’hésiteront pas à extraire et brûler le pétrole jusqu’à la dernière goutte s’il y a du profit à en tirer, tant pis pour l’effet de serre et ses conséquences catastrophiques pour l’avenir de l’humanité.

L’accumulation du capital

Au-delà de ces premières conséquences de la loi du profit, il en existe une autre bien moins connue, mais bien plus préoccupante pour l’avenir du capitalisme, c’est un mécanisme qu’on appelle :  » l’accumulation du capital » . Alors qu’est-ce que ça veut dire ?

Je prendrai un exemple très simple à comprendre : Un ménage riche, place 1 million d’euros à 10 %.
Une enquête de 2007 nous informe que la France comptait à cette époque 394 000 millionnaires en dollars, millionnaires en actifs financiers sans compter l’immobilier. Il y a bien sûr moins de millionnaires en Euro, sans doute entre 130 et 150 0000, mais ce n’est pas pour autant insignifiant. Sans oublier que parmi ceux-ci, certains sont plusieurs fois milliardaires. D’autre part, quand on place des sommes importantes, 10 % est un rendement tout à fait possible y compris une fois payés les taxes et impôts. Il y a des fonds spéculatifs qui, même malgré la crise, peuvent rapporter beaucoup plus sans problème.

Sur un an, ce ménage gagne donc 100 000 € . Supposons qu’il a probablement d’autres sources de revenus, qu’il utilise seulement 20 000 € sur ce profit pour sa consommation personnelle, qu’il les dépense. Il peut alors placer les 80 000 € restants, les ajouter à son million d’euros. Son capital a augmenté de 8% et s’élève maintenant à 1 080 000 €, et à ce compte, il atteindra les 2 millions d’€ dans une douzaine d’années. Il aura doublé en 12 ans et dans encore 12 années, il aura encore doublé et s’élèvera à 4 millions d’€.

Seulement, il y a une condition incontournable pour que ces 80 000 € puissent être placés, il faut qu’ils trouvent un débouché, c’est à dire qu’ils puissent être transformés en titres, mais en nouveaux titres, en titres supplémentaires par rapport à l’année précédente. Ce qui veut dire que le mécanisme d’accumulation implique donc la nécessité d’une croissance absolue du capital financier.

Toujours plus de capital implique toujours plus de profits et aboutit à encore plus de capital et ainsi de suite ….

Le mécanisme d’accumulation aboutit donc à un besoin permanent pour le capital de trouver toujours de nouveaux débouchés. Comme ce capital se réduit à des titres de propriété et de créances, il doit toujours y avoir de nouvelles émissions d’actions, ainsi qu’une augmentation continuelle de la masse de créances. Toujours plus d’actions, donc d’entreprises, d’investissement industriel, de production de marchandises, et toujours plus de crédit, c’est à dire toujours plus d’endettement.

A partir de ce mécanisme d’accumulation du capital, on comprend beaucoup mieux pourquoi le capitalisme entretient une liaison passionnée avec les crises.

Capitalisme et crises

La logique interne du système le conduit inexorablement à accumuler du capital, jusqu’à trop. Trop par rapport aux besoins réels de financement de l’économie, et surtout trop par rapport aux possibilités solvables de consommation. Il arrive toujours un moment où il y a trop d’entreprises, trop de production de marchandises, trop de crédit. il y a suraccumulation de capital

– Les profits ne trouvent plus suffisamment de débouchés pour s’accumuler aux capitaux déjà existants. L’accumulation devient de plus en plus difficile.
– Les capitaux se font concurrence et les profits chutent. Une partie des capitaux se réfugie dans la spéculation.
– Le moteur économique s’étouffe et les faillites et défauts de paiement apparaissent : c’est la crise.

La crise n’est pas éternelle, du moins jusqu’à présent car nous verrons dans quelques instants que la crise actuelle est d’un type particulier. La crise permet une bonne purge, avec des faillites industrielles et bancaires à la clé, ce qui entraîne la destruction d’une partie du capital surabondant. Au bout d’un temps plus ou moins long, l’économie capitaliste repart pour un nouveau cycle d’accumulation , jusqu’à la prochaine crise. Une grosse crise s’accompagne souvent de conflits avec des destructions de bâtiments et d’infrastructures diverses, dont la reconstruction facilitera la relance .

La crise n’est donc pas un accident dans la logique interne du capitalisme, mais apparaît comme un mode normal de régulation de ce système.

Seulement, derrière ces mécanismes apparaît encore une nouvelle question, celle de la limite du capitalisme.

La limite du capitalisme

Le mécanisme d’accumulation conduit donc le capitalisme à une dynamique de croissance permanente, avec un besoin permanent de trouver de nouveaux débouchés. Au fur et à mesure de son développement, il va donc devoir absorber tous les marchés solvables de la planète. C’est ce qu’il a fait, depuis son décollage il y a environ deux siècles, il a petit à petit envahi tous les pays de la planète et tous les secteurs de la production. Aujourd’hui, avec sa mondialisation, c’est cette conquête qui est en train de se finaliser.

Seulement, la mondialisation du capital aboutit inévitablement à une raréfaction des débouchés, il y en a forcément de moins en moins.

Il y a bien sur toujours des niches pour les capitalistes les plus malins ou les plus chanceux. Il existe encore des possibilités de croissance en Chine ou une partie de la population s’enrichit. Mais cet enrichissement repose sur des déséquilibres économiques et financiers, et sur un accroissement des inégalités qui sont tels, qu’aucune certitude ne peut être établie sur les réelles possibilités, futures, de croissance de la Chine.

La croissance actuelle y repose sur les délocalisations de production et les exportations, c’est à dire sur un transfert de croissance à partir des vieux pays capitalistes, transfert qui ne bénéficie pas à la grande masse de la population chinoise qui risque surtout de rester toujours exclue de la consommation.

Avec la mondialisation, on approche donc une véritable limite physique à l’accumulation du capital. C’est l’existence de cette limite qui faisait dire à Marx que le capitalisme était historiquement condamné.

Évolution depuis les années 1930

Ce que je viens d’expliquer, cette logique d’accumulation et ses conséquences, la dynamique de croissance qui en découle, le besoin permanent de nouveaux débouchés, ça nous fournit ce qu’on appelle une grille de lecture marxienne de l’économie capitaliste. A partir de cette grille, nous pouvons par exemple expliquer les causes profondes des crises économiques, ou interpréter l’évolution du capitalisme. On va d’ailleurs maintenant examiner une partie de l’histoire du capitalisme à l’aide de cette grille de lecture, on démarrera avec la crise des années 1930.

Pourquoi la crise des années 30 ? Parce qu’elle fut la dernière grande crise et la plus importante qu’a connu le capitalisme jusqu’à présent. Les défauts de paiement, les faillites d’entreprises, d’établissements financiers furent sans précédent, les bourses s’effondrèrent de 90 %. Il y eut donc une destruction massive de capital. Après la guerre, cette absence de capital faisait tellement défaut que la reconstruction s’annonçait difficile dans les pays d’Europe et que les États-unis qui s’étaient bien enrichis pendant la guerre durent prêter de l’argent.

De la fin de la guerre à la fin des années 60, les états se mettent au service du capital. C’est ce qu’on appelle le capitalisme régulé :
– on nationalise des banques et des grosses entreprises pour mieux les refinancer, l’état dépense pour la reconstruction,
– on évite la concurrence étrangère en mettant des barrières douanières, les capitaux ne peuvent plus s’exporter, ce qui n’est pas du tout un problème pour leurs propriétaires puisqu’il y a du profit à faire sur place.
– on achète pour un temps la paix sociale avec le programme du Conseil National de la Résistance.

C’est une très forte période de croissance, avec très peu de chômage. Les profits décollent, le capital s’accumule à nouveau, les fortunes se reconstituent comme avant la guerre et de nouvelles apparaissent. Le capital s’accumule tellement bien que, dès la fin des années soixante, on assiste à une baisse des profits.

Des années 70 à aujourd’hui

Les années 70 voient à nouveau la crise, mais cette fois, c’est celle du capitalisme régulé. Les capitaux se sont tellement accumulés qu’ils n’arrivent plus à s’investir dans leurs propres pays. La stagnation économique et l’inflation s’installent durablement, le chômage commence à grimper malgré les mesures de relance des gouvernements. Le capitalisme régulé a tellement bien fonctionné, tellement bien joué son rôle dans la relance, qu’il a atteint ses propres limites d’efficacité.

Pour sortir de cette impasse, pour que le capital puisse trouver les nouveaux débouchés, nécessaires à son accumulation, les décideurs économiques et financiers n’ont plus d’autre choix, d’autre solution ,que d’ouvrir les frontières aux capitaux et aux entreprises. Les gouvernements, à commencer par ceux de Reagan et de Thatcher, font le choix du libéralisme, avec l’aide des grandes institutions mondiales que sont le FMI, l’OMC, la Banque Mondiale, etc.

Du milieu des années 70 à aujourd’hui, c’est la période de mondialisation du capitalisme.
– les délocalisation de production s’enchaînent vers les pays à faible salaires
– le décrochage des monnaies avec l’or officialisé en 1975 permet une création massive de monnaie de crédit par le système bancaire.
– on assiste à un gonflement inouï du crédit, et donc de l’endettement des ménages, des entreprises et maintenant des états.
– le capital financier bénéficie au passage d’une accumulation sans précédent. Les plus riches s’enrichissent comme jamais.

Depuis les années 80, les éclatements de bulles spéculatives et les crises financières se succèdent. Ça a commencé dans les pays d’Amérique latine, le Brésil, l’Argentine, puis l’Asie avec la crise des dragons asiatiques, la Russie, puis encore l’Argentine, la bulle internet, la crise des subprimes, qui n’est toujours pas réglée et s’accompagne d’une crise immobilière. De nos jours c’est l’Irlande, la Grèce, le Portugal et l’Espagne qui seront suivis par bien d’autres car les déséquilibres monétaires et financiers métastasent partout sur la planète.

La crise systémique

Au stade actuel de développement de la crise, début 2011, que ce soit par ses effets sociaux, ou par l’accroissement des déséquilibres économiques, pas un pays n’est totalement épargné. La crise est mondiale.

Aujourd’hui pratiquement tout le monde dépend directement ou indirectement de ce système, y compris ceux qui en sont exclus parce qu’ils ne sont pas solvables et encore moins rentables, et qu’ils ne le seront jamais. Tous les secteurs de l’économie et l’ensemble des populations sont concernés. C’est donc une crise globale.

Jamais l’endettement général n’a atteint de tels niveaux, c’est une crise de suraccumulation de capital financier sans précédent historique,

Cette crise est ce qu’on appelle une crise systémique, c’est à dire qu’elle découle directement de la logique interne du système capitaliste, directement de son fonctionnement normal, de ses propres fondements économiques. C’est aussi une crise qui concerne l’ensemble du système, et c’est une crise sans issue définitive tant que l’on ne touchera pas aux fondements mêmes du système, c’est à dire à la propriété privée du capital.

La réponse capitaliste

Alors, quelles réponses à la crise ? Et bien, il y a deux grandes réponses possibles, la première est la réponse capitaliste.
On considère que le capitalisme peut être sauvé, que le capital peut indéfiniment trouver de nouveaux débouchés pour s’accumuler, que la crise n’est que conjoncturelle et qu’on va s’en sortir comme des précédentes par un judicieux mélange de mesures libérales et keynésiennes. On essaye alors de relancer les moteurs de l’avion, et de réparer les avaries en répondant aux différents effets de la crise par des mesures diverses.

– Au niveau des entreprises, on fait le maximum pour essayer de dégager du profit. Les conditions de travail se détériorent, les restructurations et délocalisations s’enchaînent, ainsi que les licenciements.
– Les gouvernements de droite comme de gauche, tranchent dans les budgets sociaux, suppriment de plus en plus d’emplois publics, mènent une politique d’austérité sociale tout en aidant les entreprises et les actionnaires.
– Les privatisations de services publics sont à l’ordre du jour dans tous les pays. Il faut bien voir que ça fait de très bons débouchés pour perpétuer encore un peu l’accumulation du capital. C’est dans cette seule optique qu’il faut comprendre les privatisations, parce que rien d’autre ne les justifie vraiment.

-Les banques centrales et les banques privées créent de plus en plus massivement du crédit, donc de la dette, des montagnes de dettes, avec une instabilité toujours croissante, avec le risque d’une catastrophe financière et monétaire sans précédent à partir d’un certain seuil d’aggravation de la crise.

– Les aides aux entreprises et les cadeaux fiscaux aux plus riches ont des conséquences très négatives sur les déficits publics, déficits qui se creusent partout malgré les promesses de les diminuer, malgré les privatisations.
– L’endettement public s’amplifie. Au Japon il atteint même le double du PIB. Au États-unis, l’endettement public et privé atteint trois fois et demi le PIB.

Et malgré tout ça, la crise est toujours là ! Les quelques signes d’amélioration possible ne sont jamais durables. Le chômage grimpe, les conséquences sociales s’aggravent, la pauvreté se répand. Chacun voit bien que ces mesures ne font rien d’autre que repousser l’échéance, tout en aggravant les déséquilibres et les contradictions, sans jamais rien régler sur le fond du problème. Le système s’enfonce dans une infernale fuite en avant, à plein gaz dans l’impasse du capitalisme mondialisé. Dit autrement : on va dans le mur !

On entend parler à droite comme à gauche de réguler le capitalisme, de réguler les banques, la finance. Comme si la crise n’était pas le résultat du fonctionnement normal du capitalisme, mais le résultat de simples excès que l’on pourrait corriger à l’aide de quelques mesure s appropriées.

Nous ne sommes plus du tout dans le contexte de redémarrage économique d’après 1945, et il faut bien comprendre que maintenant fixer des contraintes supplémentaires au profit ne peut pas suffire pour sortir le capitalisme de sa crise, mais au contraire risquerait de l’y enfoncer encore plus rapidement. La régulation du capitalisme est donc essentiellement une illusion destinée à rassurer ceux qui ne connaissent pas encore la vrai nature de ce système.

Bien sûr, même la crise de sa mondialisation ne suffira pas pour tuer le capitalisme et il pourra toujours rebondir. Seulement, il ne pourra vraiment le faire qu’après une bonne purge, une purge à la hauteur de la suraccumulation de capital financier la plus énorme que l’on n’ait jamais connue. Avec, à la clé, une récession économique et sociale sans précédent et des risques de conflits majeurs, le tout aggravé par une crise écologique à laquelle le capitalisme est dans l’incapacité d’apporter des réponses.

D’autre part, les perspectives de débouchés futurs ne sont plus du tout comparables à celles d’après 1945, et une fois passés le chaos et la période de reconstruction, le capitalisme retoucherait rapidement les limites actuelles.

La mondialisation est aujourd’hui effective et il n’y a pas d’autre monde à conquérir pour le capital.

La réponse socialiste

La deuxième réponse à la crise est la réponse socialiste, alors attention, il faut ici entendre le socialisme dans son sens originel, pas dans son sens socio démocrate. Le socialisme n’est pas conçu comme un mode de gestion du capitalisme comme l’entendent aujourd’hui le parti socialiste et ses alliés de gauche, mais comme un système socio-économique à part entière, qui repose sur d’autres fondements que ceux du capitalisme, et qui n’est pas non plus obligatoirement un système étatique comme dans les expériences du 20e siècle.

La logique du capitalisme découle directement de la propriété privée du capital. C’est à dire du privilège de l’argent et c’est ce privilège qu’il faut abolir dans l’intérêt général. Dépasser le capitalisme, ça veut dire dépasser la propriété privée du capital, et ça passe par des réformes majeures et incontournables.

Aujourd’hui, le système monétaire et financier est régi par la seule loi du profit, les banques privées créent la monnaie et prêtent l’argent dans la seule optique de dégager du profit pour leurs actionnaires. Dépasser le capitalisme, ça passe inévitablement par un système bancaire public, qui créera la monnaie et qui attribuera les crédits sur d’autres critères que le profit immédiat de quelques privilégiés.

Aujourd’hui, la principale contrainte des entreprises, celle qui engendre la course au profit, les délocalisations, les licenciements, c’est la contrainte des actionnaires, la contrainte de la propriété privée. Il faut donc libérer l’entreprise de ses actionnaires ! Dépasser le capitalisme, ça passe donc par un nouveau statut de l’entreprise, qui ne doit plus avoir le statut de propriété privée, mais celui d’une association de travailleurs, qui la gèrent eux-mêmes. Et qui sera financée par du crédit public. Ce qu’on appelle aussi l’autogestion socialiste.

C’est sur ces deux profondes réformes que reposera la base économique d’un nouveau modèle socialiste. C’est sur ces nouveaux fondements que nous pourrons enfin construire un autre monde. C’est aujourd’hui la seule réponse cohérente possible pour sortir du capitalisme et de la crise du 21eme siècle.

Alors comment faire aujourd’hui, pour pouvoir mettre en oeuvre cette indispensable révolution économique et sociale ? Bien ça, c’est une question qui va au delà de cet exposé, une question dont les réponses sont bien sûr d’ordre politique.

Disons simplement, pour conclure, qu’il ne faut rien attendre des institutions politique mises en place par le système capitaliste, à son propre service. Une transformation sociale majeure passe toujours par la mobilisation des forces sociales.

Une mobilisation non pas seulement sur de simples actions de résistance aux conséquences du capitalisme mondialisé, ni sur des revendications restant dans le cadre du rapport salarial capitaliste, mais une mobilisation sur la base d’un projet global, réellement alternatif, un projet anticapitaliste pour un socialisme du 21e siècle.

Mobilisation et projet qu’il y a maintenant urgence à construire…Faillite ou quasi faillite de Bear Stern, Countrywide, Washington Mutual, Lehman Brothers, AIG…En France, c’est un peu comme si Lazard et la Banque Rotschild, Natixis, le Crédit Foncier, Axa et la Caisse d’Epargne avaient été anéantis : l’onde de choc est énorme !

Les marchés se demandent à présent quelle nouvelle banque va y passer ensuite : Morgan Stanley, Goldman Sachs, Wachovia, National City…Même si les établissements financiers du reste du monde sont globalement moins exposés, il est tout à fait possible que d’autres incendies se déclarent : des banques anglaises (HBOS), suisses (UBS), françaises, néerlandaises (Fortis) ou espagnoles sont touchées…N’oublions pas que la première banque qui s’est écroulée à la suite de l’effondrement du marchés des subprimes était la banque allemande IKB en juillet 2007 !

La volatilité sur les marchés a été extrême et historique:

hausses de 50% en une journée, baisse de 80%. Par exemple, entre le 15/9 et le 19/9, les cours de Morgan Stanley ont évolué entre 21 et 43 USD, ceux de Washington Mutual entre 4,27 et 2 USD. Le CAC 40 a lui progressé de 9,27% le vendredi 19/9 ce qui constitue la plus forte hausse de l’histoire !

L’intervention des autorités américaines va comme on le lit un peu partout sans doute permettre d’éviter la fameuse « crise systémique » (l’écroulement de l’ensemble du château de carte et donc de l’ensemble du système financier) à l’aide des mesures suivantes :

-la constitution d’un fonds de 700 milliards de dollars destiné à recueillir les actifs immobiliers et financiers illiquides (invendables) des banques ;

-l’interdiction temporaire sur les marchés américains de vendre les actions des 799 établissements financiers cotés (donc de spéculer su la baisse de ces titres) ;

-la garantie du gouvernement américain apporté aux fonds monétaires pour éviter que ceux-ci soit vidés par les épargnants (entreprises et particuliers) par crainte de faillite des établissements gestionnaires ;

-les liquidités importantes mises à disposition sur les marchés pour permettre aux banques de se financer ;

-la quasi nationalisation des instituts hypothécaires Freddie Mac et Fannie Mae, AIG ;

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Crise financiere : Où allons-nous ? Que va-t-il se passer ?

La crise est sévère et personne ne sait vraiment ce qui va se passer, d’autres faillites et changement de contrôle vont avoir lieu (quelques hedge funds également devraient être touchés et sans doute d’autres banques) car le marché immobilier est toujours déprimé dans de nombreux pays, générant des défauts de paiement sur les crédits et des pertes pour les banques.

Les conditions de marchés restent difficiles : chute continuelle des bourses, hausse du coût du crédit interbancaire (spread), assèchement des liquidités, absence de contrepartie dans les transactions (disparition des acheteurs) et manque de confiance généralisé sur les marchés : plus personne ne veut prendre de risque.

Cet engrenage infernal, les craintes et les soupçons parfois injustifiés sur les établissements financiers alimentent une chute des cours de bourse qui entraînent la dégradation de leur notation par les agences spécialisées, génèrent des appels de marge et rend encore plus difficile les augmentations de capital. C’est un véritable cercle vicieux !

Il faut dire la vérité : cette chape de plomb qui pèse sur les marchés repose sur des soucis réels : les financiers ont trop fait jouer l’effet levier dans les années 2004-2007, les marchés immobiliers sont surévalués ce qui rend la correction nécessaire.

En revanche, beaucoup profitent de la situation actuelle en misant sur la baisse des établissements financiers (positions short), il s’agit des hedge funds spéculatifs. Bien évidemment, seulement ceux qui font les bons paris gagnent de l’argent ; Je pense donc que 2008 sera une bonne année pour nombre d’entre eux.

Par ailleurs, les produits dérivés et l’opacité des bilans des banques et des compagnies d’assurance fait qu’il est à l’heure actuelle très difficile d’anticiper les risques liés à chaque établissement financier.

Pour apprendre la bourse

Crise financiere : Quelles sont les questions à se poser pour les petits porteurs et les épargnants que nous sommes?

1) Conseils crise financiere ; Votre épargne, vos avoirs sur les comptes bancaires sont-ils en danger ?

Non sauf si vous êtes clients de Lehman Brothers ou d’une banque ayant déposé son bilan ce qui est peu probable, il n’y a pas de risque . Par ailleurs, ce ce qui concerne les banques françaises, les dépôts des particuliers sur les comptes de dépôt (PEL, livret et comptes courants) et les comptes-titres sont chacuns garantis à hauteur de 70.000 Euros par le fonds de garantie des dépôts.

Si vos avoirs sont placés dans des banques étrangères, il faut analyser la situation au cas pas cas sachant que l’indemnisation minimum des dépôts pour les clients des banques de l’Union Européenne est de 20.000 Euros.

2) Conseils crise financiere : Faut-il investir dans les valeurs financières ?

Non même si des petits malins ou des spéculateurs vont réaliser des gros gains sur les titres des établissements financiers, le risque et la solvabilités sont trop faibles pour l’investisseur de long terme.Cela demeure trop spéculatif (voir article acheter actions banques ) étant donné le manque de visibilité sur ces sociétés et la dégradation des fondamentaux.

Peut-être faut-il aller vers des actions de banques bien gérées et prudentes (BNP Paribas, US Bancorp, Wells Fargo) ? C’est difficile à dire car à moyen terme celles-ci vont forcément aussi subir des répercussions de la crise financière. A long terme, les banques saines seront gagnantes.

3) Conseils crise financiere : Faut-il investir en bourse en ce moment ?

Oui mais sans se précipiter. Même si la secousse sur les marchés financiers est sévère et va sans aucun doute avoir des répercussions sur l’économie réelle : ralentissement d’activité, consommation plus faible, renchérissement du coût du crédit. Les valorisations des sociétés non financières sont basses, la croissance mondiale devrait repartir à long terme dès lors que des bases plus saines auront été rétablies, que les bilans des sociétés seront dé-leveragés.

L’investissement boursier est toujours intéressant à long terme, il faut bien réfléchir à la sélection d’action en ce moment et n’investir que dans des valeurs de grande qualité. Les sociétés non financières ont des valorisations plus faibles (c’est l’avantage en ce moment, le marché n’est pas cher, les mauvais titres ont baissé, les bons également autant acheter de la qualité à bon prix), des trackers ETF sur indices diversifiés (CAC 40, DAX, Dow Jones…).

Investissez progressivement, par exemple si vous souhaitez placer 50.000 Euros en bourse, au rythme de 10.000 Euros tous les trimestres.