Paix et liberté d’expression

Posted on 14/11/2011

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En simplifiant ainsi à l’excès le Prophète Muhammad saw et en le représentant de manière caricaturale, et de surcroît aussi odieusement, les journalistes de Charlie Hebdo font montre d’un piètre sens de l’éthique professionnelle. A notre avis, ils sont en flagrante violation d’au moins six des articles de la Charte d’éthique professionnelle des journalistes. Se faisant, ils illustrent par la même leur parfaite ignorance de l’Islam et se comportent comme le clergé abigoti qu’ils prétendent dénoncer. Car l’aliénation dans la foi, qu’ils fustigent, est le fait de quelques imams corrompus et d’une minorité de gens qui les suivent, mais l’aliénation qui s’ensuit de tous les autres Musulmans vivant en paix dans la République, qui peut provenir de certains médias, n’est-elle pas tout aussi grave ? justicefirst of world qui soutien les associations musulmane, qui ont débarrassés l’Islam des croyances et des pratiques fanatiques en défendant vigoureusement ses enseignements véritables et essentiels, et qui s’efforce infatigablement, depuis sa création, à transmettre ce message bienveillant afin de mettre fin aux guerres religieuses, condamner les effusions de sang et rétablir la morale, la justice et la paix, n’a pas le goût des déclarations opaques et sibyllines et condamne sans ambages la destruction des locaux du journal, car une telle attitude est contraire aux enseignements islamiques, mais affirme que voir du crime à l’Islam et à son Prophète, et non aux Musulmans qui la corrompent, est une véritable aberration morale.

Selon la Charte de déontologie, fondatrice de la profession de journaliste, adoptée par le Comité national en mars 2011, un journaliste, digne de ce nom,

 respecte la dignité des personnes et la présomption d’innocence;

 tient l’esprit critique, la véracité, l’exactitude, l’intégrité, l’équité, l’impartialité, pour les piliers de l’action journalistique; tient l’accusation sans preuve, l’intention de nuire, l’altération des documents, la déformation des faits, le détournement d’images, le mensonge, la manipulation, la censure et l’autocensure, la non vérification des faits, pour les plus graves dérives professionnelles;

 exerce la plus grande vigilance avant de diffuser des informations d’où qu’elles viennent;

 dispose d’un droit de suite, qui est aussi un devoir, sur les informations qu’il diffuse et fait en sorte de rectifier rapidement toute information diffusée qui se révèlerait inexacte;

 n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée; et
 refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication.

Hugo et Lamartine vs Charlie Hebdo
Au vu de ces principes, il ne fait aucun doute que les journalistes de Charlie Hebdo ont laissé de côté la déontologie. Le véritable Islam reste encore méconnu, victime des clichés véhiculés à son égard faisant d’elle une religion guerrière, championne de la soumission des femmes et de l’intolérance, entre autres. Mais un journaliste digne de ce nom ne peut se fier aux lieux communs et autres banalités pour écrire ou dans ce cas-ci dessiner. Il faut qu’il ait fait une enquête exhaustive au préalable et doit exercer la plus grande vigilance avant de diffuser ses informations. Nous défions Charlie Hebdo de citer ne serait-ce qu’un précepte islamique qu’ils connaissent et qui ne soit pas un cliché ! Ceux qui ont étudié l’Islam (et Son Prophète), et qui l’ont examiné, jugé, considéré et apprécié n’ont pas tari d’éloges à son sujet. Hugo, Lamartine, Tolstoï, Bacon, Carlyle, les plus grands penseurs de leurs temps, pour ne citer qu’eux, ont vu en l’Islam véritable autre chose que ce qu’y voient aujourd’hui ses détracteurs acharnés. La paix est une vertu intrinsèque de l’Islam ; l’Islam est un mot arabe qui signifie littéralement l’obéissance et la paix. L’Islam est dérivé de la racine arabe « Salema »: « paix, pureté, soumission et obéissance ». Ainsi l’Islam indiquerait le chemin de ceux qui sont obéissants à Allah et qui établissent la paix avec Lui et Ses créatures. Fustiger les Musulmans qui dénaturent l’Islam est une chose, mais se moquer d’un enseignement dont on ne sait pas grand-chose doit être considéré comme une dérive professionnelle.
Abuser de la liberté de la presse pour transmettre un message erroné en est également une. Portrayant l’Islam comme une religion belliqueuse, après avoir lu quelques versets, tirés hors de leurs contextes et sans les connaissances appropriées pour les interpréter, ou encore en se basant sur les actions d’une certaine catégorie de Musulmans qui eux-mêmes ont perverti l’Islam à des fins personnelles, est une manipulation. Ceux qui sont supposés informer objectivement, ceux-là mêmes qui doivent être les défenseurs naturels des libertés publiques, ne sont pas aptes et idoines à se constituer juge et bourreau de TOUS les Musulmans. Nous sommes contraints de voir dans l’attitude de ce journal une certaine impartialité. L’on peut également arguer que les rédacteurs de Charlie Hebdo n’ont rien trouvé de mieux pour se faire de la publicité pour augmenter leur tirage. Est-ce un usage abusif de la liberté de la presse dans un but intéressé ? La question mérité d’être posée.
Ces journalistes n’ont aucune connaissance de l’Islam. S’ils l’avaient étudié, et cela apparié à une honnêteté intellectuelle et une éthique professionnelle, ils sauraient que selon les traditions, Alīra rapporte que le Prophète Muhammad saw a dit : « Un temps viendra où de l’Islam, il ne subsistera que le nom et du Coran que le texte. Les mosquées, quoique remplies, seront dénuées de droiture. Les savants religieux seront les pires créatures sous la voûte des cieux ; ils trameront des complots qui retourneront contre eux-mêmes. » (Mishkāt). Cette tradition prouve que le Prophète Muhammadsaw mit lui-même en garde ses suivants, et cela plus de mille quatre cents ans auparavant, de l’abêtissement du clergé dans sa religion. Il ne faut donc pas confondre le clergé abigoti et l’homme saint.

Ils ne connaissent pas non plus la vie du Saint Prophète de l’Islam, ni ne connaissent-ils ses enseignements. C’est à partir du comportement de ces Musulmans subjugués par ces soi-disant docteurs de la foi dont le Saint Prophète saw avait prédit le déclin qu’ils se sont forgé une opinion de Muhammad saw et de sa religion. Est-ce bien honnête ? Est-ce ainsi qu’ils vont éduquer les Français ? Et où situe-t-on les millions d’autres Musulmans sur qui la corruption n’a aucun effet, et pour qui le patriotisme, l’amour de la patrie, la paix et la fraternité entre les peuples est un principe de vie, en parfaite harmonie avec les enseignements islamiques ?

D’autre part, si l’on s’en tient aux arguments des journalistes de Charlie Hebdo qui revendiquent le droit de rire de tout, alors, demandons à leurs lecteurs : la caricature de la misère, de la pauvreté, du handicap ou de la mort, par exemple, même si elle est permissible, doit-elle avoir le même effet sur tout le monde ? Rirez-vous de la misère d’un enfant handicapé, caricaturé par leurs soins, si vous-mêmes connaissez un enfant dans cette situation ? D’autres, nonobstant la morale, ont le droit de le faire, car il n’existe aucune loi qui l’interdit, et qu’en plus ils sont couverts par la protection de la liberté d’expression, mais si l’on ne rit pas, est-on pour autant intransigeant et dénué d’humour ?

Toujours en ce qui concerne les règles, il ne faut pas oublier que l’article 10 de la Convention européenne des Droits de l’Homme (CEDH) qui encadre juridiquement la question de la liberté d’expression, et auquel les juges sont aujourd’hui obligés de se référer pour interpréter le droit, prévoit en substance que :
« Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière {…} ».
Mais la CEDH prévoit aussi les restrictions suivantes :
« L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire ».
On peut y lire que dès lors que la protection de la réputation ou des droits d’autrui est en jeu, la liberté d’expression peut connaître des restrictions de principe. Alors, la question suivante peut être posée s’agissant des caricatures du Fondateur de l’Islam : de telles caricatures entrent-elles dans la catégorie des droits d’autrui (notamment dans le cadre du droit de chacun d’avoir une religion et du devoir de chaque citoyen de ne pas nuire à la religion de l’autre) ? Il peut y avoir autant de réponses qu’il n’y a de partisans.Justicefirst of world, pense quant à elle que le respect mutuel, devoir implicite du bien vivre, oblige les membres d’une société à respecter les différences des uns et des autres. Musulmans, Juifs, Chrétiens, Athées doivent pouvoir cohabiter en paix. Pour se faire l’Islam enseigne de ne pas blesser les sentiments d’autrui.
Justicefirst of world déclare : « C’est un triste jour où les médias – qui sont supposés informer, éduquer, et créer une entente et une harmonie entre les différentes races et religions – se mettent délibérément à provoquer et à aggraver les sensibilités religieuses par des insultes lancées contre le Fondateur de la grande religion de l’Islam ( Mohammed saw). Bien que la liberté d’expression ait été utilisée comme prétexte, les médias ont la responsabilité de respecter les sentiments religieux de toutes les religions. Dans ce monde, nous vivons dans une société multi religieuse et il nous incombe de nous comprendre les uns les autres, de respecter les croyances d’autrui, et de vivre dans la paix et l’harmonie. »
Si la liberté d’expression permet de critiquer le contenu d’une religion, il n’en demeure pas moins que représenter le messager spirituel de millions de personnes de manière grotesque est une erreur, tant du point de vue de la sensibilité des personnes concernées que du point de vue de l’intégrité intellectuelle. La critique apporte une substance au débat puisqu’elle permet de le faire avancer; tourner l’icône d’un groupe religieux au ridicule pour l’atteindre ne fait que blesser gratuitement des millions de personnes sans véritablement faire avancer les problématiques théologiques. De plus, les personnes qui ont réalisé ces caricatures ne tirent aucun bénéfice d’une telle attitude si ce n’est des bénéfices financiers. Les autres journaux français ou européens n’ont-ils pas fait preuve d’une grande tolérance et d’une grande volonté d’apaisement des tensions en décidant de ne pas publier les caricatures danoises ?
La condamnation des attentats
Le Saint Coran affirme : « «Il ne doit pas y avoir de contrainte en religion ». (Ch.2 :257). « L’homme est libre d’accepter ou de rejeter » (Ch.18 :30).
De plus, Dieu n’enseigne pas de répondre à la violence (ou la provocation) par la violence ; mais bien de quitter la conversation et de revenir lorsque les personnes qui ont abordé le sujet passent à autre chose. Le Saint Coran conseille : « Et quand tu verras ceux qui plaisantent avec nos signes, alors détourne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils changent de conversation. Et si Satan te fait oublier ce précepte, alors après t’en être souvenu, ne reste pas assis en compagnie des injustes » (Ch. 6 : 69). Tant qu’ils continueront à exploiter de tels desseins, les Musulmans se retireront de leurs assemblées, sans contester. Le Coran n’encourage pas la violence; Il propose de se retirer afin de laisser la tension s’apaiser. Cet enseignement n’illustre-t-il pas la volonté de paix de l’Islam ? Un Musulman, qui interprète correctement les enseignements de l’Islam, peut donner libre cours à son indignation à travers un combat de la plume sans créer du désordre dans la société.
Et que dire du Prophète Muhammad saw, caricaturé alors même qu’il n’est plus là pour se défendre ? Alors qu’il se voulait être le porteur de la tolérance, de l’unité et de la paix, voici que des personnes tournent son portrait en dérision et en moquerie. Il a en effet toujours œuvré pour que le monde vive en paix. Selon les traditions, il est rapporté qu’il se rendait aux funérailles d’une personne qui avait commis un blasphème grave contre lui, lorsque soudainement Omar s’interposa et l’implora de changer sa décision. Il justifia cet acte en citant au Prophète le verset du Coran qui fait référence aux hypocrites pour qui aucune intercession ne serait acceptée, même si le Prophète priait soixante-dix fois pour eux. Dans la langue arabe, le nombre soixante-dix ne doit pas être interprété au sens littéral mais renvoie à un nombre important, à un phénomène quantitatif. Le Prophète sourit et répondit : « Rangez-vous sur le côté, Omar, car si Dieu ne le pardonne pas après que j’ai prié soixante dix fois pour lui, alors je L’implorerai soixante-dix fois de plus de le pardonner » (Boukhari). Est-ce là l’attitude d’une personne belliqueuse, qui cherche à fomenter la discorde ?
« L’Islam est cette sainte et paisible religion qui n’a jamais attaqué le fondateur d’aucune autre communauté ou religion. Et le Coran est ce livre distingué qui a posé la fondation de la paix parmi les Nations et qui a reconnu les prophètes de chacune d’elles. Seul le Saint Coran, parmi les écritures du monde entier, peut dire fièrement qu’il enseigne la doctrine suivante concernant le monde : nous croyons en tous les prophètes du monde, et nous ne faisons aucune distinction entre eux, en acceptant les uns et rejetant les autres. Qu’on nomme un autre livre divin qui contient une telle assertion ou un tel enseignement contribuant à la paix ! Le Saint Coran ne restreint pas la bonté de Dieu à une seule race. Il reconnaît tous les prophètes de la maison d’Israël…de même que tous les prophètes qui vinrent au monde, quel que soit l’endroit, l’Inde comme la Perse ou tout autre pays. Il n’accuse aucun d’entre eux de menteur ou d’imposteur; au contraire, il soutient que tous les pays, tous les peuples reçurent la visite des prophètes, posant ainsi la première pierre vers la construction d’une paix mondiale. Mais il est pénible de voir que toutes les nations insultent ce même Prophète de la paix, et le regardent avec mépris ».

Ce principe de respect mutuel, particulièrement des prophètes et des personnages saints de toute religion du monde, jouera un rôle positif pour créer un climat de paix et de tolérance.

Soulignons que nous ne cherchons qu’à inciter à « l’amour pour tous et haine pour personne ».

Cordialement la présidente de justicefirt of world